J 042 Atchinsk – Krasnoïarsk Aéroport

Vendredi 22 Juin 2018

Un petit retour en arrière pour vous livrer une co-traduction du petit mot manuscrit qu’avait rédigé la patronne du Café Fortuna :

« Nous sommes heureux que vous ayez pris le petit déjeuner chez nous. Kafé Fortuna, 400kms Autoroute fédérale Kuzbass. District de Tcheboulinskyi, le lieu de naissance des dinosaures. Bon voyage »

(Traduction assurée par Valeria Jansen et Anne Beaurin)

Le lieu de naissance (ou la patrie) des dinosaures… ça fait un peu rêver ! J’aurais fait ce voyage il y a quelques millions d’années, je vous aurais raconté Jurassic Parc.

Ce matin je ne me presse pas trop : il me reste environ 170 km à faire en 2 jours. Je prends le temps de repasser quelques vêtements , de ranger mes affaires proprement, de préparer un petit déjeuner dans ma chambre…

Ensuite une photo de l’ours devant l’hôtel M53 (ours qui me plait mieux que ces pauvres bêtes en cage…)

La sortie d’Atchînsk se fait sans problème : la ville est une succession d’usines métallurgiques ou d’activités connexes. Cela me rappelle mon enfance dans la fonderie où travaillait mon grand-père (qui aurait certainement fait ce voyage en vélo sans la moindre difficulté et avec grand plaisir).

Évidemment la ville étant en bordure du fleuve… il faut remonter pour sortir de la ville. Ça grimpe bien !

Arrivé sur le plateau je découvre l’aéroport d’Atchinsk : je ne sais pas s’il y a du traffic régulier, mais je découvre une espèce de musée de l’aviation :

Il y a un petit jet d’Aeroflot à côté de biplans… il y a aussi des carlingues sans ailes.

Plus loin ça monte encore et j’arrive dans un meeting aérien… d’oiseaux de proie !

Je continue ma route tranquillement jusqu’à ce que j’arrive sur un chantier de rénovation de la route avec voie unique et feu de trafic alterné.

Comme d’habitude et en bon cycliste je passe les camions et voitures qui attendent que le feu passe au vert… et je comprends que je ne vais pas pouvoir passer ! Il y a juste une largeur de camion et si je m’engage le premier je vais bloquer tout le monde derrière moi. Si j’attends que tout le monde soit passé je n’aurais pas le temps de passer et je vais me retrouver face aux véhicules venant en sens inverse.

J’ai donc le choix entre me faire écraser par l’arrière ou par l’avant 😬.

Je décide de passer à pied de l’autre côté des plots en béton, sur le talus de soutènement.

C’est bien mais mon vélo glisse inexorablement vers le bas du talus édifié pour franchir une rivière. Je suis donc coincé en bas avec mon vélo…

Heureusement je me souviens que j’ai été sherpa dans une vie antérieure : je devais mes sacoches et en deux voyages je les porte 50 m plus loin. Ensuite c’est au tour du vélo.

Une petite demi-heure pour franchir ces 300 mètres de travaux, je m’en sors bien.

Il n’est pas 10 heures. Je commence à me dire que je peux peut-être arriver à Krasnoïarsk dans la journée.

Il suffit de pédaler un peu plus longtemps pour faire les 175 km 🤓

Je grignote en roulant, je réduis mes pauses et j’avance pas trop mal, malgré des montées à 6, 7 et même 11% (si on croit le panneau…)

Je continue à faire fondre mes réserves de graisse…

En début d’après-midi je tombe sur un loup, mort, visiblement heurté par un véhicule

Un peu plus loin, au niveau de Kemchug, des étals d’animaux empaillés se succèdent au bord de la route : ours, renards, oiseaux de proie.. des voitures s’arrêtent pour faire une photo des enfants à côté d’un ours (ça ne doit pas être évident d’acheter un ours empaillé et de l’installer comme passager supplémentaire dans la voiture).

Je continue d’avancer.

Sur le bas-côté où je circule c’est une hécatombe de papillons blancs.

Je ne sais pas s’ils heurtent les camions ou s’ils meurent après s’être accouplés mais le sol est moucheté de ces petites fleurs blanches qui sont ballottées par le vent et le souffle des camions.

Dans un café on m’indique un hôtel « bol’shoy » 20 kilomètres plus loin. Quand j’y arrive je suis tout de suite séduit par un belle bâtisse avec des rondins, un petit jardin, des brochette qui commencent à griller. A l’intérieur c’est une exhibition de gâteaux crémeux, chocolatés qui font envie après une journée à pédaler sous le soleil.

Sans parler de la perspective d’une bonne douche.

Quand je demande une chambre, c’est nietto.., pas d’explication. Un client qui m’a déjà questionné sur mon voyage (et qui me dit être parti de Tcheboksary pour aller au Cambodge et au Vietnam en vélo en suivant la même route que moi) essaie de plaider ma cause, rien à faire. Non c’est non.

Je demande s’il y a un hôtel pas trop loin ? Là aussi c’est niet.

Bon je vais me débrouiller… je suis à côté de l’aéroport et mon GPS Garmin me dit qu’il y a un hôtel. Sinon je continue jusqu’à Krasnoïarsk.

Je bifurque vers l’aéroport (et je loupe un Motel à peine 150 mètres après cette bifurcation si j’étais allé tout droit… Laurent me le fera remarquer plus tard).

Mais 5 kilomètres plus loin j’arrive à l’aéroport international Iemelianovo de Krasnoïarsk. Et l’hôtel est là, moderne et confortable.

J’en profite car la semaine prochaine, jusqu’à Irtkousk ça risque d’être camping tous les soirs.

Aujourd’hui j’ai fait 144 kilomètres et il m’en reste 25 pour Krasnoïarsk, donc un peu de repos demain matin pour arriver vers midi.

A demain pour une visite de Krasnoïarsk !

J 041 Tyazhinskiy – Atchinsk

Jeudi 21 Juin 2018

Avant de parler de la journée du 21, petit retour en arrière car j’ai oublié une rencontre lors de ma journée de mercredi : le garde barrière du passage à niveau

Vers 15H, la pluie se mettant à tomber, je choisis une maison de garde-barrière. Comme les passages à niveau sont automatiques, je me dis que c’est inoccupé.

Mais au moment où un train arrive un garde barrière sort de sa petite maison et surveille les barrières, les chicanes qui sortent du sol pour empêcher les voitures de s’engager et le cycliste qui squatte sa guitoune !

Il me fait prudemment reculer car il y a un Transsibérien qui arrive sur la voie opposée mais un autre train, de marchandise celui-ci, arrive de l’autre sens et passe dans un bruit d’enfer. Je vois les traverses et le rail se soulever d’au moins 10 cm après le passage de chaque roue !

Je demande au garde-barrière combien de trains passent chaque jour. La réponse est précise : 78.

Et combien de camions passent le passage à niveau ? Plus de 7.000 par jour. Je ne me rends pas compte si ce chiffre est élevé… environ 5 chaque minute en moyenne si je compte bien. Réflexion faite c’est pas mal…

Revenons à la journée du 21 Juin…

En partant de l’hôtel Den, photo de l’ours ou plutôt de sa cage : ça semble être une habitude de les mettre en cage ces pauvres ours…

Le départ se fait sous un soleil timide après une nuit où il y a eu pas mal d’orages.

Il faut croire que ça n’est pas terminé car avant 11H je vois que le ciel s’assombrit derrière moi.

Bientôt j’entends le tonnerre et… j’accélère la cadence en scrutant les alentours pour un abri, même de fortune.

Coup de chance, une grande station service !

Je mets le vélo à l’abri de l’auvent et je cours dans les toilettes – douches. De là je peux regarder à quoi je viens d’échapper…

La pluie arrive…

20 minutes plus tard le soleil est revenu et je repars vers le petit bourg de Bogotol.

Le village de Bogotol où serpente la rivière Tchoulym.

Un peu plus loin en rase campagne une espèce d’entrepôt ou de brocante (?) de trains, locomotives, wagons…

Vers 16H nouvel orage et je me réfugie in extremis dans le Café M53 après une nouvelle course poursuite où j’ai roulé sur le plat à 47km/h, poussé par un vent plus que violent.

J’approche de la ville d’Atchinsk que l’on contourne par le nord.

Un énorme complexe minier et industriel me fascine tant il est gigantesque et fait penser à des bandes dessinées de science-fiction…

J’arrive dans la ville où circulent plus de camions que de voitures.

Je trouve un hôtel avec un petit studio où je peux me préparer à manger, faire la lessive et même un peu de repassage.

Au moment où l’équipe de France joue contre le Pérou à Ekaterinbourg (bonjour à Seva !) je dors à poings fermés.

Le trajet était long avec 137 km.

Un dernier regard sur cette vision d’un monde industrialisé à outrance

Et je reprends la route pour Krasnoïarsk où je dois arriver demain.

Bonne journée !

J 040 Kemerevo – Tyazhinskiy

Mardi 19 Juin 2018

Je quitte mes 3 Ours (ou 4 si on veut) sans trop de regret et je prends la route de bon matin.

À huit heures moins le quart, j’arrive sous un timide soleil au Café Fortuna ou j’aurais dû arriver hier.

Je ne sais pas pourquoi mais ça me fait penser au Bagdad Café de Percy Adlon.

Pas de motel mais vraiment beaucoup de gentillesse dans l’accueil.

La patronne m’amène successivement un petit message manuscrit qu’elle m’a écrit pendant que je mangeais mes œufs sur le plat

J’attends un petit coup de main de la part de lecteurs russophones de ce blog, pour une traduction (si elle explique que je mange mes œufs comme un cochon, ne vous fatiguez pas à traduire ! )

Ensuite elle me fait cadeau d’une bombe de lotion anti-moustiques… c’est quand même sympa de penser à mon épiderme et aux démangeaisons consécutives des piqûres de moustiques.

Et pour terminer j’ai droit à un petit pain fourré à la confiture…

Comment appeler ça sinon de la gentillesse à l’état pur ?

Je quitte à regret mais le cœur content le Café Fortuna

Encore une grande descente (et la grande montée qui va avec…) et je retrouve une route plus plate.

Mais pour occuper mon esprit je m’aperçois que je n’ai plus d’accès internet : mon solde est passé à – 1,54 rouble.

C’est ballot. Je roule une trentaine de kilomètres en me faisant une raison, mais quand même ne pas pouvoir donner de nouvelles, ne plus envoyer d’article sur le blog… dur de se priver de ce moyen de communication.

Je m’arrête dans un café et chance il y a du WIFI : je charge les photos de mon article d’hier et je le publie rapidement.

Je consulte Google et je vois que dans une vingtaine de kilomètres je traverse Mariinsk qui semble être une ville importante.

Je vois qu’il y a deux boutiques de Beeline, mon opérateur russe.

Je vais être sauvé rapidement.

A 11H30 j’ai fait 80 km et je suis dans Mariinsk qui est une vraie ville avec centres commerciaux, jardins publics, gare…

À midi mon compte est rechargé et je finis la traversée de la ville en passant un pont sur la Kilia (le pont est aussi étroit que la rivière est large).

A une heure et quart je passe devant l’hôtel où je pensais m’arrêter pour dormir. Mais vous êtes d’accord c’est un peu tôt pour se coucher …?

Donc je fais une pause-café et une recherche d’un nouveau point de chute.

Je dois passer à côté de Thiazinskyi où il semble y avoir 2 hôtels. Je conciliabule par Whatsapp avec Laurent qui me suit pas à pas (roue à roue) et nous choisissons celui qui a 2 bons commentaires…

Ensuite je demande à mon agence de voyage en France (Anne…) d’appeler l’hôtel pour vérifier qu’il n’est pas fermé pour travaux, qu’il y a de la place…

Ça n’est pas franchement indispensable de faire ça mais c’est bon pour elle de parler russe au téléphone.

Ceci étant c’est un petit détour d’une dizaine de kilomètres mais bon je suis en pleine forme aujourd’hui (l’absence de douche hier soir y serait-elle pour quelque chose ?).

Cent mètres avant la bifurcation il y a… un autre hôtel, sur le bord de l’Avtograda Baïkal. Donc zéro détour.

Certes je ne suis pas fatigué mais quand on peut économiser ses forces…

Je m’installe donc au Cafe-Gostinitsa Den.

Tout à l’air bien : chambre à 700 roubles (10€), sanitaires communs propres, lave-linge et баня… j’en rêvais presque d’un bania.

Après la douche je constate qu’il pleut… si j’avais choisi l’hôtel dans Thiazinskyi, je serais sous l’averse.

Je sors du баня comme un homard.

J’étends mon linge et c’est l’heure du repas.

Dans la salle à manger des sud-coréens sont en train de dîner :

Ils disent le bénédicité au début du repas ce qui me met sur la voie pour deviner leur nationalité. La jeune femme doit être leur interprète car elle parle Russe et c’est elle qui commande les plats pour toute la table.

Pendant tout leur repas ils se frappent le visage et les bras : ça n’est pas un signe de mortification religieuse… ce sont les moustiques !

Ça m’étonne qu’ils n’aient pas une application « anti-moustiques » dans leur téléphone portable !

Le mien est posé sur la table et les moustiques m’évitent :

Mosquito free

Je saisis l’occasion de la fin du repas pour saluer un de ces Coréens du Sud et lui montrer cette petite application.

Souvenir de la promo CPA 87-Daniel Garillot, je lui parle de notre voyage à Séoul un an avant les JO d’été, ma visite de Pusan. Il m’explique qu’ils viennent de Pyeongchang, la ville où ont eu lieu les JO d’hiver cette année.

Évidemment la présence d’un français l’intrigue et je lui explique rapidement mon voyage en vélo. Du coup il appelle ses amis pour leur présenter l’intrépide français-chasseur de moustiques-connaissant leur pays…

Nous nous quittons avec les salutations et courbettes d’usage et plein de souhaits respectifs de réussite et de chance… c’est beau l’amitié entre les peuples, non ?

Voilà une belle journée de vélo (près de 130 km), de rencontres sympathiques… c’est formidable de voyager !

A demain si vous le voulez bien.

(J’essayerais de vous parler des ours…)

J 040 Kemerevo – Krasnyy Yar

Mardi 19 Juin 2018

Au revoir à mon hôtel de Kemerevo ! Photo avec les deux employés qui se sont décarcassés pour me trouver un arrêt pour ce soir :

Ensuite un petit tour de Kemerevo

Et je franchis la rivière Tom

(L’ancien pont n’a pas été démantelé)

La route se poursuit avec quelques vallées à franchir et après 5 kilomètres d’une belle montée je reste sur une zone de crête et j’arrive à un petit café restaurant sympa au terme des 50 premiers kilomètres.

Après déjeuner ça repart fort avec des montées à 7% sous le soleil.

Visiblement les camions souffrent autant que moi : j’en vois souvent qui stoppent en pleine montée.., ça doit chauffer sous le capot autant que sous mon casque.

Quand j’arrive à Krasnyy-Yar, l’hôtel des 3 Ours est bien là.

La réceptionniste certainement marquée par son travail dans cette antre, complète le trio d’ours : l’hôtel devient donc « Hôtel des 4 Ours ».

Il ne manque que douche et toilettes sinon ça serait parfait.

Pour ce soir ça ira bien 🤓

Maintenant c’est repos et on continue demain !

J 039 Bolotnoïe – Kemerovo

Lundi 18 Juin 2018

Pour une fois je n’ai pas grand chose à vous raconter…

J’ai gardé la tête dans le guidon toute la journée : vent défavorable et succession de montées et descentes.

Comme les montées durent plus longtemps, j’ai eu le sentiment qu’il y avait plus de dénivelé positif que négatif.

Mais le sentiment… ment ! C’était exactement les mêmes dénivelés dans les deux sens.

Depuis ce matin les panneaux indicateurs donnent la distance d’Irtkousk, histoire de motiver (ou démotiver) les fous qui pédalent dans cette direction :

Irtkousk 1670 km… avouez qu’on ne voit pas souvent ce genre de panneau dans l’hexagone !

A part la disparition de l’hôtel prévu à Kemerevo, rien à signaler sur cette grande ville dotée d’une grande gare.

Demain je vais peut-être revoir l’étape à la baisse pour ne pas accumuler trop de fatigue.

A demain !

L

J 38 Novossibirsk – Bolotnoïe

Dimanche 17 Juin 2018

Un dernier au revoir à Fabrice et je quitte Novossibirsk.

Au passage un coup d’œil sur l’église de l’Ascension

Et à la sortie Nord de la ville, un centre commercial gigantesque

qui s’appelle

Nordmoll (ou North Mall, le centre commercial nord)

Il pleuvine depuis le départ mais ça commence à devenir plus sérieux.

Heureusement je me suis mieux équipé que jeudi matin.

Et le trajet d’aujourd’hui comporte plus d’abris : arrêts d’autobus, cafés.

Je ne les ai pas tous essayés mais presque, attendant la fin des plus grosses averses.

Dans un de ces cafés la patronne veut me faire épouser sa fille.

La Maman fait quelques photos, sans doute pour les faire-part…?

Mais dehors il fait beau et le vélo m’attend… ça sera pour une autre fois !

Aujourd’hui je croise régulièrement la voie ferrée du Transsibérien et je vois surtout passer des convois de trains de marchandise.

Étape un peu rallongée pour atteindre l’hôtel Fenix à Bolotnoïe

139 km aujourd’hui.

Bolotnoïe est un bourg relativement important, mais très rural.

On y fait du paramoteur visiblement…

Pour le reste c’est plutôt calme avec des petites datchas

L’heure de la douche et de la lessive est venue.

(Je vous parle souvent « lessive », sachez que j’applique le dicton de la Marine : « Mouillé c’est lavé, sec c’est propre ! « )

Voilà c’est tout pour aujourd’hui !

A demain, en route pour Kamerevo, ville dont vous avez peut-être malheureusement entendu parler cet hiver car un incendie s’y est déclaré dans un centre commercial et il y a eu une cinquantaine de morts, en majorité des enfants.

J 37 Novossibirsk

Samedi 16 Juin 2018

Journée détente bis… Encore un peu de courses aux halles avec un passage dans un petit café où on fait des feuilletés à l’oignon délicieux 😋

On trouve de plus en plus de nationalités différentes à Novossibirsk. Ici la jeune serveuse au type Ouïgour (population musulmane du nord de la Chine) de la cafétéria.

Au marché j’achète des fruits secs à Ali qui parle un anglais très correct. Je lui explique que je ne peux emmener, en vélo, tout son étal. Du coup il veut en ajouter pour me faire des cadeaux…

Ensuite j’ai un assistant laveur de vélo en la personne de Gaspard qui adore le « shlang » (le tuyau d’arrosage en Russe)

Bientôt mon vélo est propre, la chaîne dégraissée et huilée de frais, les freins réglés… nous pouvons entamer avec Gaspard une course de vélo.

Gaspard fixe le prix du vainqueur à 100 roubles !

Heureusement pour moi nous terminons ex-æquo !

Gaspard essaie de m’apprendre quelques mots de Russe. Lui maîtrise bien le français.

Ensuite nous dégustons en famille le délicieux couscous préparé par Fabrice.

Photo de famille après le repas :

Fabrice, Valeria, Couchine (le chat),Gaspard, Macha et Stéphane

Je commence à recenser mes affaires, regarder le profil de l’étape de demain… le voyage m’appelle !

Merci à la famille de Fabrice et Valeria pour leur accueil, leur hospitalité… je n’oublierai pas ces deux jours en votre compagnie.

J 36 Novossibirsk

Vendredi 15 Juin 2018

Avant de partir à la découverte de Novossibirsk, Fabrice m’emmène au service d’immigration pour savoir si mon visa peut être prolongé de 10 jours.

Nous traversons des quartiers animés avec des bâtiments colorés :

Au service d’immigration la réponse est malheureusement négative ce qui scelle pour cette année mon projet de rejoindre Vladivostok.

Mais je fais contre mauvaise fortune bon cœur et plus j’avance dans ce voyage, plus je comprends que le trajet et les rencontres que je fais sont aussi importants que le but à atteindre.

Cette année je vais m’arrêter à Oulan-Ude, ville aux portes de la Mongolie.

Si les circonstances le permettent, l’an prochain je repartirai d’Oulan-Ude pour aller à Vladivostok et je poursuivrai ma route vers… la Chine.

Cette nouvelle feuille de route va me permettre de passer plus de temps dans les villes à visiter, d’être plus disponible pour faire des rencontres.

En attendant je commence par passer plus de temps à Novossibirsk : cette ville est étonnante par sa variété de populations, par son activité trépidante.

Après un voyage aller en taxi (Über), nous rentrons en bus.

Les enfants (et lycéens) russes sont en grandes vacances pour 3 mois depuis le 1er Juin (le reste de l’année c’est lundi-samedi…). Du coup les bus sont remplis d’enfants en centres aérés

(On ne les voit pas, ils sont obligés de s’assoir)

Un petit café avec Fabrice avant de commencer mon excursion

Novossibirsk, créée en 1893, est devenue une ville dix ans plus tard. Le Transsibérien a été le moteur du développement de la ville : les habitants de Tomsk ayant refusé le passage du train dans leur ville, c’est Novossibirsk qui a hérité d’un important nœud ferroviaire et d’une très belle gare.

Le premier monument est une statue qui représente les différentes villes de Sibérie :

Une statue en marbre

Novossibirsk à la réputation d’être une ville de la culture.

Son opéra est le plus grand de Russie :

À côté la Philharmonique :

Et en face de l’Opéra les statues dédiées aux héros soviétiques :

Lénine, évidemment, entouré du paysan, de l’ouvrier et du militaire

Et d’un couple ouvrier – paysan :

Tout près de l’Opéra et de la place de la Victoire, une statue de Vladimir Vissotsky (le mari de Marina Vlady) :

Je poursuis la visite sur un boulevard où domine le théâtre :

Le quartier est résolument moderne avec des immeubles en construction :

En face de trouve le parlement régional :

En revenant vers le centre la statue d’Andrei Krayenkov, l’architecte urbaniste qui a modelé la ville de Novossibirsk.

Une tour, combinaison d’un centre commercial et de logements, domine un quartier sur l’est du centre :

Sur l’artère principale du centre ville (Krasnaya Prospekt) de trouve La Chapelle Saint Nicolas qui marque le centre géographique entre Asie et Europe :

Ensuite retour en trolleybus chez Fabrice et Valeria : je dois faire un peu de nettoyage des bagages.

Dans les passages pour piétons, expositions de peintres amateurs :

En fin d’après midi j’accompagne Fabrice aux halles centrales situées juste à côté de chez lui.

Fruits, légumes, viandes, poissons… tous les produits ont l’air appétissant. Fabrice qui est venu avec moi, achète les ingrédients pour préparer un couscous mouton-poulet demain samedi.

Le boulanger a un four superbe :

Et ses pains sont très bons.

Nous repartons du marché avec des œufs d’un poisson appelé « esturgeon » et du saumon fumé. Apéro en vue…

Demain c’est au tour du vélo d’être soigné et bichonné : il en a besoin !

Deuxième jour de repos avant d’embrayer vers Krasnoyarsk.

J 35 Tchoulym – Novossibirsk

Jeudi 14 Juin 2018

La météo disait « Début des tempêtes à 20H mercredi »… en fait la pluie a commencé un peu plus tard, mais elle m’a tenu compagnie toute la journée jusqu’à mon arrivée à Novossibirsk.

« Mais avant de partir, il faudra bien te couvrir…», ce conseil donné au Père Noël j’aurais dû m’en souvenir ce matin.

Comme je vais rouler avec des vêtements de pluie, je prends un maillot léger et un short pour ne pas trop transpirer.

Au bout de 5 kilomètres le goretex est collé à ma peau tant il est mouillé. Étanche certes mais le froid de la pluie traverse la fine membrane.

J’attends le premier abri pour me changer : une station service, un abri d’arrêt d’autocar…

Et j’attends 40 kilomètres tout rond pour arriver dans une station-service et une belle cafétéria avec un abri parfait pour le vélo… deux heures à pester contre le froid et mon imprévoyance !

D’autant que j’ai une paire de gants étanches que j’ai passés au-dessus des manches du blouson et que, très vite, l’eau est descendue à l’intérieur des gants (bien étanches) et j’ai les doigts dans un demi litre d’eau de pluie 😬.

Autant vous dire que mon meilleur ami dans cette cafétéria, c’est le sèche-mains !

Je privatise un des deux WC et je me change des chaussettes au maillot.

Ensuite un bon repas et je repars, sachant que dans 32 kilomètres j’ai un bar à soupe en ligne de mire.

Mais avant d’arriver dans ce nouveau paradis, je rencontre une belle zone de chantier : on est en train de doubler ou même tripler la route ( en fait c’est la continuation de l’autoroute qui contourne Novossibirsk par le Nord en direction de Tomsk).

L’ancienne route sur laquelle tout le monde circule se trouve en contrebas d’un bon mètre du nouveau tracé et, par endroit, contourne d’énormes drains sous la nouvelle route.

Je suis dans une espèce de piscine à voitures et camions… les camions soulevant des gerbes d’eau de 3 ou 4 mètres de haut (je n’ai pas pris le temps de mesurer mais c’était déjà plus haut que les camions eux-mêmes…).

Donc je comprends vite que je vais périr noyé avant la fin du chantier.

Je m’arrête, bloquant un camion compréhensif, et j’escalade le talus pour monter sur la nouvelle route.

J’ai oublié de vous dire que le chantier est désert : les rouleaux-compresseurs, les machines qui mettent l’enrobé, les camions… tout est stoppé sans âme qui vive aux alentours : il doit trop pleuvoir pour poursuivre le chantier !

Je roule donc sur le chantier de l’autoroute, dominant les voitures et les camions qui continuent à ramer en contrebas.

Quel luxe de rouler sur une route parfaitement plane. Par moment c’est une couche d’argile, prête à recevoir le goudron, parfois un goudron fraîchement posé mais c’est lisse, sans la moindre aspérité ni la moindre flaque d’eau… un vrai bonheur.

J’arrive dans mon « bar à soupe » (une cafétéria), immense et désert (il faut dire qu’avec le chantier ça n’est pas évident de le rejoindre). Petite halte avant d’arriver dans la banlieue de Novossibirsk.

Mes hôtes de ce soir, Fabrice et Valeria, m’attendent à partir de 18H30, donc pas trop d’urgence.

La route est belle jusqu’à l’entrée de Novossibirsk où j’arrive à 17H30

Après ça se complique un peu : circulation dantesque, embouteillages… je décide d’utiliser les trottoirs pour avancer.

Au début ça se passe bien mais je suis obligé d’emprunter une passerelle (enlever les sacoches, les monter, descendre chercher le vélo, remettre les sacoches…) et je croise des bretelles d’entrée ou de sortie sur la voie principale : pas de passage piétons, des bordures de trottoirs de 30 cm de haut, c’est un petit parcours du combattant.

Je passe le pont sur l’Ob :

Vers 18H40 j’arrive chez Fabrice et Valeria et la belle-fille de Fabrice, Macha, m’accueille pour que je rentre mon vélo et commence à faire l’inventaire de mes affaires un peu humides…

Fabrice et Valeria arrivent : eux aussi étaient bloqués dans les embouteillages sur le pont au-dessus de l’Ob.

Une douche, un bon repas (avec salade ouzbek préparée par Fabrice), la première mi-temps du match d’ouverture de la Coupe du Monde de football entre la Russie et l’Arabie Saoudite.

Entre temps Gaspard, leur petit garçon qui vient d’avoir 8 ans, est rentré d’un dîner pour son anniversaire chez des petits camarades. Il joue aux Playmobiles… vie de famille franco-Russe bien agréable !

A demain pour la suite… si vous le voulez bien !

J 34 1071 Kozhurla – Tchoulym

Mercredi 13 juin 2018

Réveillé par la pluie à 5 heures, je commence par ranger mes affaires tout en utilisant l’arme chimique contre les moustiques qui font antichambre entre le double toit et la tente.

Un soleil timide revient et je finis le rangement et le pliage de la tente protégé, contres les nuées ardentes de moustiques, de la racine des cheveux à la plante des pieds.

Un petit déjeuner rapide au Café avant de partir et une photo avec la gentille caissière (pendant que ses collègues gloussent en coulisse):

Ensuite en route pour les 128 km de la journée.

Il est déjà 8H15 et ça commence par une chaussée dans le même état que la fin du parcours d’hier, sauf que ce matin c’est mouillé par terre.

Très vite ça redevient normal et les kilomètres défilent à bonne allure.

Petit en-cas vers 10H : des allemands en 4×4 viennent admirer mon vélo. Il vont comme moi vers le Baïkal mais ont du mal à comprendre comment on peut faire cette route en vélo !

En sortant de la pause suivante je surveille le ciel qui s’assombrit.

Au bout de 4 ou 5 km, les premières gouttes tombent. Je m’équipe de pied en cap et je vois à 500 m une belle averse dégringoler sur la route. J’y échappe de peu mais à peine protégé par mes vêtements de pluie qu’il ne pleut plus.

Je conserve néanmoins pantalon et veste pendant 20 km, histoire de bien transpirer !

La fin de l’étape approche déjà. Voici une vidéo pour vous donner une idée de l’arrivée à Tchoulym.

Demain arrivée à Novossibirsk où je suis attendu par de nouveaux hôtes CouchSurfing, Fabrice et Valeria. Elle est russe, lui français. Je me réjouis par avance de les rencontrer 😊.

Mais je risque d’arriver mouillé… météo pas bonne pour le 14 Juin.

A demain ! Je tombe de fatigue ce soir !