2020-06-28

Une belle journée de vélo pour ce dimanche !
Le trajet est roulant et je me sens en pleine forme en quittant Viviers un peu après 7 heures.
Un jeune couple qui était arrivé la veille en provenance de Grenoble et qui se rend à Saint-Raphaël en passant par Avignon, se lève à peine quand je quitte le camping. Ils n’auront pas trop de mal à me rattraper car ils roulent comme des warriors (comme ils le disent eux-mêmes).

Une petite photo du vieux pont qui ne doit pas dater d’hier :

En fait le pont a été construit au IIème et IIIème siècle par les Romains sur la rivière Escoutay.

La ville elle-même est un ancien évêché et domine le Rhône et l’Escoutay :

L’ancien palais épiscopal est devenu la Mairie de Viviers… bonjour M. le Maire !

Je file à bonne allure sur les bords du Rhône. La via Rhôna est souvent une via ferrata car elle longe aussi souvent une voie ferrée que les berges du Rhône.
Mais je m’arrête quand même à côté de la stèle qui rappelle la mémoire d’un as de la grande guerre, Adrien Gonnet, qui est mort dans l’incendie de son yacht lors d’une croisière en septembre 1937 (ça lui a peut-être évité de reprendre du service deux ans plus tard).

Aucune information sur cet Adrien Gonnet, as de la Grande Guerre (?)… je vais laisser le soin à mon historien préféré, j’ai nommé Francis Babé, de retrouver le curriculum du citoyen Gonnet.

Le trajet se poursuit gentiment et je tente des variantes caillouteuses qui mettent le vélo et son cycliste à rude épreuve :

Quand je rejoins ensuite une piste cyclable aux dimensions impressionnantes et au revêtement impeccable, le contraste est saisissant…

Ici on frôle le sublime en matière de piste cyclable !

Néanmoins je suis irrésistiblement attiré par les pistes caillouteuses (mes initiales, SM, expliquent peut-être ce penchant…?) qui ont l’avantage de donner l’occasion de jolis points de vue, comme celle du château de l’Hers :

Ou encore sur les méandres et petites îles du Rhône au nord d’Avignon (à la hauteur de Châteauneuf-du-Pape)

l’approche de l’île de la Barthelasse (où, sauf erreur, la famille Obama a passé des vacances l’an dernier où il y a deux ans)

Mon objectif est d’arriver à Avignon par l’île de la Barthelasse…
Ne me demandez pas pourquoi, c’est comme ça, un point c’est tout.
Quand on est sur la rive gauche du Rhône, il y a un seul endroit de passage possible : le barrage de Sauveterre

Pour y accéder un petit détour par une zone totalement préservée, sur l’île d’Oiselet qui porte mal son nom car je n’y croise même pas un chat en train de chasser… il n’y a vraiment personne dans ce bout du monde :

Mais la raison en est simple : c’est un cul-de-sac… le barrage-centrale de Sauveterre est une usine de production hydroélectrique et une fois sur deux ce sont des endroits fermés…

Tout est bouclé, sous vidéosurveillance et même une souris ne pourrait pas traverser le pont qui mêne à la Barthelasse pourtant à moins de 100 mètres de distance…

Donc demi-tour à droite, droite ! Et on retraverse l’île de l’Oiselet qui aboutit sur un petit passage à gué qu’il faut franchir en roulant sur le vélo :

Ça a rafraîchit les pieds et ça mouille les sacoches !

J’en profite pour remplir mes bidons avec un peu d’eau du Rhône (on verra bien si ça rend malade) car il est maintenant plus de midi et il fait chaud et soif !

Fin de cette première partie de l’étape du jour, après un peu plus de 90 kilomètres pour rejoindre la gare SNCF d’Avignon, car je vais faire un saut de puce (une grosse puce) en train, d’Avignon à Cannes, afin d’être ce soir à la maison auprès d’Anne après plus de 3 mois d’absence… 18 Mars 28 Juin ! Il me tarde quand même de rentrer 🤗 même si ces trois mois ont passé vite et si le retour à Magagnosc marque une nouvelle mise en sommeil de ce blog… en attendant de nouveaux voyages ou de nouvelles aventures !

Le trajet Viviers – Avignon

2020-06-27 (27° à 21h43)

Je viens de faire une journée “relax”, donc aucune excuse pour ne pas écrire un peu ce soir (si ce n’est la présence de moustiques qui ont détecté un client parfait…).
Je suis dans un joli petit village, doté d’un joli petit camping, d’un joli petit port sur le Rhône et d’une jolie petite guinguette.

Le village de Viviers, dans le département de l’Ardèche (rive droite du Rhône). La photo a été prise un peu tard et manque de luminosité… et moi je manque cruellement d’accès internet… je vais devoir limiter les envois de photos ce soir.

La journée a commencé de manière un peu paresseuse. Le confort de l’étape, la fatigue liée au vent du Sud, dix jours de pédalage non-stop ont émoussé ma motivation ce matin et j’ai commencé par une petite visite du port de l’Epervière

Ciel bleu au dessus des bateaux et du Rhône

Puis j’ai fait une pause “atelier d’écriture“ pour rédiger un petit article de blog.

Puis une autre pause pour admirer des graphers en train d’exercer leurs talents sous le pont des Lônes, au sud de Valence :

Le résultat n’est pas mal mais les paysages des bords du Rhône m’impressionnent plus :

Sur la photo suivante j’ai essayé de fixer sur la pellicule ce que j’ai pensé être deux castors :

Personne ne pourra me contredire étant donné qu’on ne voit rien…

Après quelques courses dans un supermarché pour le casse-croûte du midi, je suis la nationale 7 pendant un moment et je passe dans un village au joli nom de la Coucourde et où je vois ce panneau indicateur :

Je ne sais pas s’ils ont choisi l’option « tri par groupe sanguin » ou par sexe ou par taille…? Ou alors tout passe en non-valorisable ?

Sans transition je me mets en recherche d’un logement et c’est à Viviers que je trouve mon bonheur avec cet hébergement cycliste dont la responsable du camping a l’honnêteté de me dire que leur réalisation a été financée par la Communauté Européenne, en liaison avec le développement du tourisme cycliste sur la Via Rhona.

Au total une petite journée de 75 kilomètres aujourd’hui :

2020-06-27

Oups ! D’un seul coup je m’aperçois que je viens de passer trois jours sans prendre de notes (autres que photographiques) : il va falloir que je presse sur mes neurones pour raviver mes souvenirs.

Je suis arrivé à Valence hier soir ou j’ai été accueilli par des amis, Joël et Justine, qui fêtaient leurs 49 ans de mariage et que j’ai dû déranger avec mon arrivée… 🤭

Ils inaugurent en plus un appartement tout neuf en plein centre de Valence où ils sont entrés il y a à peine deux semaines. Reçu comme un coq en pâte je me suis reposé d’une journée vélo un peu éprouvante en trois temps :
– orage et pluie le matin
– soleil en milieu de journée
– vent tempétueux de face dans l’après-midi

La nuit de repos a donc été la bienvenue et je vais entamer la dixième journée sans trop de fatigue, grâce à l’hospitalité de la famille Roques.

La journée de mercredi (Auxonne – Tournus) a été placée sous le signe du GPS… j’apprends (enfin) à me servir de ce modèle Garmin et je me suis tracé une route “idéale“ pour éviter les divagations de la Voie Bleue qui m’ont légèrement excédé hier. Résultat, je me trompe de route au bout de 5 kilomètres et je fais un détour énorme pour revenir sur ma trace… finalement je suis plus compréhensif avec mes erreurs de navigation qu’avec les tracés “touristico-bucoliques“ de laVoie Bleue.
Je croise et recroise le Doubs et son cours d’eau paisible.

Puis c’est la confluence du Doubs et de la Saône, où j’ai croisé toute une famille de cyclo-touristes (au moins 4 enfants) en ordre de bataille !

A ma droite le Doubs, à ma gauche la Saône… c’est la seconde qui l’emporte

En approchant de Tournus je double un paddle-randonneur qui a accroché à sa planche une énorme bouée canard orange fluo (certainement pour être vu par les péniches).

Je m’arrête un peu plus loin et je vais me baigner pour discuter tranquillement avec lui au milieu de la Saône : il vient de Beaune et descend tranquillement au rythme de 25 km par jour..

La Saône est une véritable réserve ornithologique et les cygnes y pullulent littéralement.

Enfin c’est l’arrivée dans un camping bord de Saône, tranquille et où m’attend un… tonneau-cycliste :

Je ne sais pas si je vais terminer ma vie dans un tonneau, comme Diogène (qui avait dit à l’empereur Alexandre “Ôte-toi de mon soleil“, alors que celui-ci était venu prendre de ses nouvelles !), mais pour une petite halte d’une nuit c’est très confortable.

Le lendemain je reprends la route, direction Lyon où je suis attendu par Xavier, le frère d’Anne, qui habite à la confluence, au bord de la Saône : je n’ai qu’à suivre la rive gauche pour rejoindre Lyon.
A Saint-Symphorien-d’Ancelles, une jolie vue sur les monts du Beaujolais :

Mon parcours est rythmé par les “points kilométriques » (PK en langage de mariniers.
Le point de départ étant la confluence entre le Rhône et la Saône (où je dois me rendre), je sais exactement à chaque PK, quelle est la distance qu’il me reste à parcourir.
Au PK 48, les trois modèles de bornes qui ont été utilisées, sont exposés :

Avec les années (et peut-être une végétation grandissante car le chemin de halage ne servant plus à tracter les chalands, la végétation s’y installe de plus en plus), les fameux PK prennent de la hauteur pour être visibles depuis le fleuve.

Encore plus intéressant (je trouve) le quatrième modèle de borne, utilisé au 19ème siècle est enfoui dans la végétation et il faut gratter un peu les herbes pour le dénicher :

Il faut bien regarder pour lire les indications sur ces bornes…

Enfin c’est la confluence et la Saône se jette dans le Rhône

A ma droite, la Saône. A ma gauche le Rhône. C’est le second qui gagne !

La confluence est devenu un lieu culturel à Lyon avec son musée et des immeubles ou des anciens entrepôts qui accueillent des expositions temporaires.

La darse du port de la Confluence, sensée accueillir les bateaux de plaisancier mais qui, en fait, est aujourd’hui inutilisée car les embarcations sont prises pour cibles des mégots de cigarettes et autres cannettes vides…

Après ma nuit lyonnaise en famille, je repars avec, en perspective, de gros nuages annonciateurs d’orage…

Ça se couvre devant…

Effectivement la pluie et l’orage arrivent. Un arrêt de bus me permet de m’équiper et de poursuivre ma route tranquillement (comme dirait l’autre “il n’y a pas de mauvais temps, mais de mauvais vêtements“).
J’arrive à Givors, point de départ de la quinzième étape du Tour de France 2013 (l’édition du centenaire)

Magnifique pont suspendu à Givors :

Dommage qu’il pleuve…

Le soleil finit par l’emporter et je sèche gentiment après avoir emprunté la N7 jusqu’à Péage du Roussillon où je m’installe dans une crêperie (déserte) où je fais sourire le patron et son épouse en leur montrant une fausse bretonne (vraie russe) que j’avais croisée il y a deux ans, en train de faire des crêpes dans un restaurant sur le bord de la Magistral 3

Ensuite, à Andancette, je tombe sur un embouteillage de Renaults Traffic, impressionnant !

On a beau faire du “flux-tendu“, il y a toujours des stocks tampons dans l’industrie automobile…

Ensuite le vent du Sud se met souffler rageusement et les derniers kilomètres avant Valence me paraissent très très longs…

J’arrive enfin chez Joël et Justine qui me réservent un accueil chaleureux et avec qui je passe une soirée très sympathique.

Le centre-ville de Valence (avec, au fond de la photo, l’immeuble où viennent d’emménager Joël et Justine)

2020-06-23

Suivre les canaux crée un délassement certain… l’esprit vagabonde facilement quand les berges succèdent aux berges, les écluses aux écluses…
Ça c’est la théorie car il y a toujours des petits impondérables qui émaillent le trajet.

Comme par exemple le restaurant « La P’tite Fringale », premier restaurant que je trouve sur les berges du canal depuis que je l’ai emprunté à Reims.
Donc heureuse surprise !

La P’tite Fringale à St Maurice-sur-Vingeanne

Franchement, arriver à 11H55 devant ce petit restaurant, au bord du canal, c’était un vrai miracle.
Les menus affichés à l’extérieur semblaient bien appétissants et j’avais déjà rangé mon vélo quand j’ai vu le chevalet posé devant l’entrée qui précisait que le restaurant était fermé jusqu’à ce soir mardi à 19H et qu’en plus il était formellement interdit d’utiliser la terrasse pour un picnic, l’établissement étant placé sous surveillance vidéo…
Dépit…

Dans la même veine (ou déveine), l’arrivée à Langres qui se termine bien évidemment par le magnifique tunnel qui permet au canal de passer sous les collines des sources de la Marne… En attendant il y avait quelques traces de vélo que j’ai eu l’imprudence de suivre pour arriver sur une belle porte qui ferme, fermement, le dit tunnel.
Je venais de faire un kilomètre en poussant mon vélo dans les ornières de boue avec orties à foison pour stimuler la circulation sanguines de mes mollets.

Pourtant certains tunnels sont ouverts aux cyclistes comme celui « d’entre deux routes » à l’entrée de Chaumont

L’arrivée au camping du Liez a été une réelle délivrance, surtout qu’elle se termine par une côte à 9% (je ne comprends pas pourquoi tous les campings sont EN HAUT de la PLUS HAUTE colline de la région : Chaumont, Annecy (n’est-ce pas Cyriel ?)… pour n’en citer que deux autres.
Ceci étant le camping était doté d’une vue magnifique sur le lac…

Après une bonne nuit de repos et un départ de bonne humeur, c’est le jeu de piste pour rejoindre l’autre extrémité du tunnel de Langres.
Nous sommes ici sur le plateau où la Marne prend sa (ou ses) source(s) : ça monte, ça descend, ça grimpe, ça dégringole

C’est bien les montées mais il faut parfois pousser le vélo comme dans cette petite combe…

Mais les efforts sont toujours récompensés et j’arrive enfin juste à la sortie du tunnel

Le débouché du tunnel en direction du Sud
Ce tunnel marque la ligne de partage des eaux, la limite en le Nord et le Sud de la France… à partir de maintenant je vais suivre des cours d’eau qui descendent !
L’entrée Sud (ou la sortie Sud) du tunnel

L’écluse d’Heuilley-Cotton marque le passage dans le régime avalant du canal

Mais ici comme ailleurs on se bat contre les algues (vous admirerez la tenue très “ville“ de l’employée VNF qui ramasse les algues avec son collègue qui, lui, porte une tenue plus adaptée :

Ramassage des algues à Heuilley-Cotton

La fin de la journée s’écoule tranquillement pour atteindre Auxonne après 116 km (dont 19 kilomètres de “rab“ grâce aux créateurs de la Voie Bleue qui ont créé un parcours de ouf avant l’arrivée à Auxonne::

Ne par chercher à comprendre pourquoi on ne va pas en ligne droite de Lamarche-sur-Saône à Auxonne… surtout que le détour n’a aucun intérêt.

Maintenant un peu de repos !

2020-06-21

Aujourd’hui c’est l’été et, en effet, il commence à faire chaud… coups de soleil sur les bras et petite insolation !

Rien de sérieux juste un petit avertissement pour les jours à venir : demain T-shirt manches longues et « bœuf » sous le casque.

J’ai abandonné ma rédaction samedi matin en m’approchant du Chemin des Dames, charmant endroit où le général Nivelle a envoyé au casse-pipe 200.000 jeunes français (et certainement autant côté allemand) pour essayer de gagner 15 km sur la ligne de front (reperdus un mois après…)

Un des nombreux cimetières qui parsèment
secsecteur d

Un petit hommage aux premiers « cavaliers motorisés » de cette petite tuerie :

Après cette parenthèse historique dont je me serais bien passé, arrivée à Reims où j’ai rendez-vous avec Thierry, un collègue, qui m’a invité pour un repas et apéritif Champagne, histoire de me donner quelques forces.

Ne pas se laisser abattre…

Évidemment après cet intermède la route paraît plus facile 😰. Mais il faut avancer car il reste un peu de kilomètres pour arriver à Châlons où j’ai réservé dans un camping. Le cheminement sur notre piste cyclable « internationale » Euro-Vélo (Ecosse-Belgrade)

C’est un véritable scandale de voir l’état de cette autoroute du vélo…

Je n’ai rien contre le VTT mais quand, dans une ornière, on ne peut pas pédaler car les pédales touchent le sol de chaque côté… on fait comment ? Heureusement que les rencontres sont sympas dans la nature :

Un chevreuil (ou un kangourou ?)

Au passage le magnifique tunnel du canal:

Dommage que le petit chemin de halage soit interdit, j’aurais bien aimé le tenter…

Enfin c’est l’arrivée au camping (ou presque…🤬

Que l’imbecile qui barre la sortie avec un rail de sécurité, lève la main

Malgré tout je monte la tente après cette longue journée et je file chez McDonald’s dévaliser leur stock de hamburgers et autres nuggets…

Le lendemain matin direction Joinville pour une étape le long des canaux

Après Saint-Dizier on emprunte le canal entre Champagne et Bourgogne.

Dommage que tout ça manque d’entretien et e dynamisme touristique : le parcours est magnifique mais beaucoup de maisons d’éclusiers sont abandonnées…

Un lieu de rencontre convivial pour les jeunes de coin : canettes de bière exposées par terre, cartons et mégots en tout genre…

En tout cas aucun point de vente ou petit café comme sur le canal du Midi.

Comme c’est dimanche je dois quitter le canal pour trouver une boulangerie et supplier pour avoir un sandwich. Enfin je trouve mon bonheur à Loisy-sur-Marne (jolie petite mairie)

Le canal est en piteux état à cause d’une algue qui prolifère depuis quelques années : il parait qu’elle aurait été apportée accidentellement par une personne qui a vidé son aquarium dans le canal…

Une véritable cochonnerie que cette algue…

Enfin je suis à Joinville un peu avant 18H et j’attends l’hôtelier jusqu’à presque 20H… il n’avait pas vu ma réservation paraît-il. Bon, oublions ce mauvais moment.

À bientôt !

P.S. j’ai oublié un petit détail sur cette boucherie du Chemin des Dames : du côté allemand il y en a un qui a, malheureusement, survécu : un certain Adolf H. Il y aurait eu un mort de plus ça n’aurait pas détraqué les statistiques et on aurait, peut-être, évité la suivante.

2020-06-20

La journée d’hier (le 19) était une petite journée tranquille et sous le soleil.

Enfin ça c’est l’idée initiale, le matin au départ : le soleil du tain semblait généreux et la route pour rejoindre Caudry champêtre à souhaits.
Pendant le petit déjeuner sur la place principale de Caudry, le soleil s’est bien voilé et l’impression de beau temps a disparu.

C’est donc avec un peu de vent de face que j’ai croisé une armée de moulin à vent « nouveau genre » :

Autrefois un moulin servait à moudre le blé pour faire de la farine. Aujourd’hui les moulins produisent de l’électricité qui font tourner les moteurs des minoteries pour moudre le blé et faire de la farine… c’est malin !

Après les moulins à vent… le vent et les petites montées et descentes entre Cambrai et Laon.
Chemin valloné avec une vue sur la cathédrale de Laon à près de 30 km à vol d’oiseau :

La cathédrale de Laon depuis Chevresis-Monceau

Au passage de Crécy sur Serre la jolie tour médiévale :

Enfin Laon se rapproche…

Et c’est l’arrivée avec un piège tendu par notre ami Google qui m’a fait emprunter la rue de la valise :

Ça vaut les Chasseurs Alpins à Magagnosc (pour ceux qui connaissent). En tout cas il faut marcher sur le bas-côté en herbe pour que les chaussures avec les cales ne dérapent pas en montant (parce qu’il a fallu pousser le vélo, évidemment)

La ville de Laon, toujours magnifiquement préservée :

Une belle pièce , n’est-ce pas ? Les tours sont ornées de taureaux ou de chamois (zoomez un peu pour vous faire une idée)p

En tout cas c’est une vue splendide au nord sur la plaine picarde…

Pour ce samedi, la journée commence sous la pluie avec la côte de Festieux, ancrée dans ma mémoire car mon Papa (Gilbert) y était restait bloqué par la neige un soir d’hiver en rentrant de Laon vers Reims : trois kilomètres de « petite » montée (il y a quand même du 8% par endroits), c’est vrai que sous la neige ça ne devait pas être évident. Ce matin la petite pluie a plutôt un effet rafraîchissant 😊

Ensuite on descend doucement vers Cerny et le Chemin des Dames… Pause petit déjeuner et rédaction du blog.
La suite un eu plus tard, je suis attendu à Reims ce midi !

2020-06-18

Il est temps de réveiller ce blog qui devait commencer à s’ennuyer…

Profitons de cette date commémorative du 18 Juin pour lancer un appel solennel : il faut résister à l’ennui du déconfinement.

En effet nous sortons de 2 mois d’emprisonnement, puis d’un régime de liberté surveillé et maintenant plus de contrainte , plus d’attestation à produire, plus d’applaudissements à 20H, plus d’apéritifs virtuels, plus de visios avec la famille. Finis les freins qu’on ronge, les vélos qu’on astique à l’infini.

Les cuissards ont rétréci (ou on a pris du poids), donc il est temps de recommencer à pédaler pour de bon.

Le moulin de Vertain à Templeuve.

Le même sous un autre angle

Le village d’Abscon et ses corons alignés au cordeau:

Et le moulin de St Vaast en Canbresis

Irkoutsk

C’est « la » ville du Baïkal.

Maquette du Baïkal, Irkoutsk se trouvant au Sud-ouest du lac.

Plan en bronze de la ville en 1900-1910 sur la place Kirov au centre d’Irkoutsk

Le lac, immense réserve d’eau douce grand comme la Belgique (😜), se déverse dans une seule rivière : l’Angara.

C’est sur ce fleuve que des cosaques ont installé un campement, entouré de palissades qui sont devenues les murs d’un kremlin (château), autour duquel se sont installés les trappeurs de zibeline qui ont fait la première richesse de la ville.

Monument à la gloire des cosaques d’Irkoutsk, personnifiés par leur chef, Yakovu Pohabovu.

Au début du vingtième siècle l’arrivée du Transsibérien a consolidé cette position de capitale de la Sibérie orientale qu’occupe toujours Irkoutsk.

Entre-temps la ville avait servi d’exil aux Décembristes (ou Décabristes).

Pour faire court ce sont des nobles russes qui ont fomenté un coup d’état en décembre 1824.

Ils ont échoué et une centaine d’entre eux ont été déportés en Sibérie à Irkoutsk et à Tchita.

Ils ont purgé une peine de 10 ans de travaux forcés dans les mines de sel.

Et ensuite 20 ans d’exil. Les survivants ont été amnistiés en 1854 par le tsar suivant.

Les décembristes étaient des nobles de haut rang et ils ont continué à être aidés par leurs familles restées à St Petersbourg et surtout très bien accueillis par la population d’Irkoutsk qui était favorable aux idées progressistes.

Trois maisons typiques d’Irkoutsk ayant appartenu à des Décembristes :

Ils ont beaucoup fait pour l’essor d’Irkoutsk sur un plan culturel.

S’y ajoute un côté plus romantique avec les épouses et les fiancées des déportés qui les ont rejoints. « Une » decembriste signifie pour les russes une femme qui suit son mari dans les difficultés.

C’est pour ça qu’il y a une statue qui leur rend hommage à Irkoutsk.

La ville sous leur impulsion est devenue un centre culturel important en Sibérie (musique, salons littéraires , bibliothèques) et l’éducation des enfants a été un des apports majeurs des épouses de Décembristes.

Des institutrices les ont assistées pour apporter le savoir aux enfants d’Irkoutsk qui, reconnaissants, ont érigé une statue en l’honneur de leurs maîtresses d’école :

La ville d’Irkoutsk contraste par sa circulation, ses tramways bringuebalants aux couleurs vives et bruyants avec le calme des berges de l’Angara qui décrit une boucle majestueuse autour de la ville. Pêcheurs, promeneurs se retrouvent nonchalamment sur les bords de cette rivière à la taille et au tempérament d’un fleuve.

Les édifices religieux, utilisés comme appartements collectifs ou entrepôts à l’époque soviétique, ont été sauvés de la destruction pour certains d’entre eux par la directrice de l’architecture à Moscou qui a décidé, courageusement, de les faire restaurer.

L’église Saint Sauveur est l’exemple de ce sauvetage in extremis d’un monument exceptionnel car le seul ayant des fresques sur ses murs extérieurs.

L’intérieur de cette église est totalement vide et blanc.

C’est la plus ancienne construction de pierre de la ville mais aussi de la Sibérie-Orientale. C’est aussi l’endroit où, il y a environ trois siècles, les cosaques ont fondé leur forteresse.

Juste devant cette église se trouve un monument dédié aux fondateurs de la ville d’Irkoutsk. Ici sont enfouis les ossements des 360 premier habitants d’Irkoutsk retrouvés pendant les fouilles archéologiques faites près de l’église du Saint-Sauveur.

Le circuit Circum-Baikal

Pour voir le lac, un petit voyage en train s’impose.

L’ancien tracé du Transsibérien, abandonné aujourd’hui pour un tracé plus direct, suivait autrefois l’Angara depuis Irkoutsk jusqu’au Baïkal que le train longeait ensuite sur soixante-dix kilomètres.

Ces soixante-dix kilomètres ont nécessité deux ans et demi de travaux, des ingénieurs venus d’Italie, d’Allemagne, des pays Scandinaves pour faire près de cinquante ponts et autant de tunnels.

Ce trajet, aujourd’hui abandonné pour le Transsibérien, reste utilisé par un train « des travailleurs » (qui circule quatre fois par semaine) et un train touristique qui circule chaque jour en saison touristique.

Le train des travailleurs étant finalement plus « couleur locale », ce sera notre mode de transport.

Au départ de la gare de Slyudyanka le quai et le train des travailleurs sont bondés de touristes !

Quasiment tous sont russes et vont quitter le train à un des quarante arrêts pour partir en randonnée pour quelques jours.

Au début du trajet le temps est un peu gris.

Puis le ciel se dégage est le lac trouve de belles teintes bleutées :

Le train se vide et se remplit au passage dans chaque arrêt.

A l’occasion d’un des arrêts de notre train, nous laissons passer le train touristique qui file à toute vapeur…

Enfin c’est l’arrivée à Port Baikal et la traversée de l’Angara pour rejoindre la petite ville touristique de Listvianka

Listvianka, village de villégiature pour les habitants d’Irkoutsk : station balnéaire en été et station de sports d’hiver en hiver.

Et maintenant la prochaine étape se trouve à trente heures de Transsibérien… Novossibirsk.

À bientôt !

Mongolie

Je vais juste partager avec vous quelques photos des prochaines étapes.

Commençons par la Mongolie…

La place Gengis Khan, centre d’Ulaanbaatar (le Héros Rouge, nom donné à la ville à l’époque de l’Union Soviétique)

A l’occasion des festivités du Naadam, retour aux sources pour les habitants de la ville qui retrouvent leurs tenues traditionnelles

Un temple bouddhiste inséré dans les immeubles du centre ville de U.B. (comme disent les habitants de la ville qui doivent trouver que « Ulaanbaatar » c’est trop long à prononcer)

Après la victoire de la France tout le monde félicite les champions du monde  !

Gengis Khan a eu droit à la plus grande statue équestre au monde…

Le parc national de Terelj a une quarantaine de kilomètres d’UB donne une image verdoyante de la Mongolie aux antipodes de l’image du désert de Gobi.

Temples, totems chamaniques, yaks jalonnent cette région touristique.

A U.B. nous retrouvons le premier touriste européen à avoir fait connaissance avec les Mongols

J 061 Oulan-Bator

Jeudi 12 Juillet 2018

Cinq heures quarante cinq… le jour se lève sur la steppe mongole

Les premières yourtes sont là !

Des troupeaux sillonnent cette vaste plaine

Arrivée à la gare d’Oulan-Bator à 7 heures, je décide de faire les 4 kilomètres jusqu’à l’hôtel à pied.

La ville semble bien endormie :

Je trouve l’hôtel à 50 mètres de la grande place Gengis Khan, point central d’Oulan-Bator

L’hôtel Urgoo (grande yourte mongole) me permet de déposer mon bagage, prendre un petit déjeuner, trouver un distributeur de billets :

Je suis donc paré pour appeler un taxi et aller chercher Anne à l’aéroport (Gengis Khan, évidemment).

L’avion qui l’a transportée de Nice à Oulan-Bator en passant par Istanbul et le Kirghizistan, arrive avec 5 minutes d’avance. Une demie-heure plus tard elle franchit le sas d’arrivée !

Ça fait quand même 61 jours que nous nous sommes quittés et nous nous retrouvons à des milliers de kilomètres de chez nous !

Le taxi nous ramène à l’hôtel et pendant qu’Anne se repose je pars à la recherche d’une carte téléphonique mongole.

Je suis obligé de traverser une bonne partie de la ville car beaucoup de boutiques sont fermées à cause de la fête nationale.

Je trouve mon bonheur dans un centre commercial et me voilà paré pour utiliser la 4G ou la 3G locale de l’opérateur Unitel.

Encore une photo, au passage, de la place Gengis Khan :

Anne un peu reposée nous partons à la découverte de la ville et de ses festivités du Naadam.

Parapluie à la main car le temps semble incertain.

Sur la place Gengis Khan il y a plus de monde. Les familles se font photographier en costume traditionnel :

Des enfants jouent partout :

Ils se laissent photographier sans difficulté. Leurs parents semblent fiers qu’on photographie leurs enfants.

À Ulaanbaatar la fête du Naadam est commencée depuis hier et se termine demain.

Aujourd’hui tout se concentre dans le stadium, à deux kilomètres au sud du centre ville.

La foule se presse aux alentours du stade.

Des petits stands de brochettes, d’oshurts (beignets à la viande) sont assaillis de tous côtés.

L’entrée du stade se fait avec des billets mais il n’y a pas de guichet : tout est vendu et à part la vente à la sauvette aucune chance d’accéder à l’intérieur et aux gradins :

A l’intérieur se déroulent les combats de lutteurs 🤼‍♂️.

Tant pis nous les verrons demain à 40 kilomètres d’Ulaanbaatar, en même temps que les courses de chevaux.

Ou même à la télé ou au moins six chaînes transmettent en direct les épreuves.

Nous assisterons ainsi à la remise du trophée au champion 2018 de la lutte à la télévision :

En plus des félicitations du jury le vainqueur reçoit un prix conséquent

Un beau 4×4 rutilant ! De quoi motiver pour les prochains combats…

En rentrant du stade un petit bonjour au tout premier touriste européen venu à Oulaanbaatar :

C’est grâce à lui que nos amis italiens sont devenus les rois de la pasta !

Je vais maintenant appuyer sur le bouton « pause » de ce blog… Les tribulations touristiques en Mongolie ne sont pas l’objet de ce blog et je reprendrai ma plume dès que je recommence mes « aventures » (!) cyclistes.

J’espère que vous serez plus patients que moi… car j’ai hâte de poursuivre mon voyage vers Vladivostok !

En tout cas merci de m’avoir accompagné jusqu’à maintenant et rendez-vous le plus vite possible sur le blog !

Avec toutes mes amitiés cyclistes !

Stéphane