2022-06-04 Da Balkhash

J’ai l’impression que j’ai inquiété certains d’entre vous avec les problèmes d’eau…

Il n’y avait pourtant pas de quoi : j’ai croisé un animal totem juste après le départ :

C’est donc décidé à suivre l’exemple des chameaux à deux bosses que j’ai entamé ce trajet qui devait m’amener à Balkhash.

Après une bonne nuit (j’ai été réveillé à minuit moins le quart par un appel d’un commercial belge. Je ne sais pas ce qu’il proposait, j’étais dans un sommeil profond et je l’ai envoyé paître) et un bon petit-déjeuner je suis prêt à enfourcher mon vélo à 06:45.

J’ai pris 4 bidons (2,5 l), un camel-back (2,5 l) et un reste de bouteille. Avec 5,5 litres je pense être paré au niveau de l’eau.

J’ai questionné deux routiers hier soir et c’est confirmé : il n’y a aucune station et aucun Кофе sur le trajet… Donc je ne guetterai pas l’apparition d’un GazProm ou d’une charmante auberge sur le trajet.

Un peu avant 9H j’arrive sur ce qui a été une station service et qui sert aujourd’hui de base-vie aux ouvriers qui travaillent sur le chantier de la route :

S’il n’y a pas d’eau, il n’y a pas non plus beaucoup de soleil. Ça évite un peu de se dessécher et donc réduit la soif.

Ça n’empêche pas les mirages :

La réverbération (ou effet de diffraction) donne l’impression qu’il y a d’immenses flaques d’eau au loin.

Mais la pluie semble menacer…

Ça c’est derrière moi. Devant ça semble toujours dégagé. Il est bientôt 13H. J’ai déjà roulé plus de 110 km et je ferais bien une pause…

Je vois un petit camion arrêté sur le bord de la route et quand je passe je m’arrête pour saluer le conducteur. Aussitôt il me propose de l’eau que j’accepte bien volontiers.

Puis il m’invite à monter à la place du conducteur pendant qu’il me prépare un thé vert avec du citron.

Il s’appelle Fionar, habite à Almaty et revient de Nur-Sultan. A 72 ans il fait toujours la route et sa cabine est aménagée pour en faire une seconde maison.

Avec le thé, du chocolat, des petits fromages de chèvre, puis des tartines de pâté, puis des tomates et enfin du saucisson…

En fait c’est un vrai festin auquel Fionar me convie.

Pendant ce temps on commence à entendre le tonnerre et quelques goutes de pluie commencent à tomber.

Mais le vent qui semblait plein nord tourne un peu à l’ouest et éloigne la pluie et l’orage vers la gauche.

Je repars, malgré l’insistance de Fionar pour qu’on monte le vélo à l’arrière de son camion et qu’il me dépose à Balkhash. La tentation était bien présente mais quand même…

Je fonce le plus possible car malgré un vent légèrement contraire la pluie semble se rapprocher.

Fionar me double avec un concert de son klaxon et signes d’encouragements 😎. Je ne pourrais jamais le remercier suffisamment pour son hospitalité…

Dans ce cas, toujours le dilemme entre « je m’arrête pour m’équiper avec des vêtements de pluie avant d’être mouillé » ou « je continue le plus possible en croisant les doigts pour que ça ne tombe pas brutalement ».

J’avais repéré quelques constructions 17 km avant Balkhash (j’en avais même fait l’arrivée de l’étape car en préparant mon voyage je ne me voyais pas faire une étape de plus de 150 km).

Je cherche donc à atteindre cet endroit avant la pluie. Le vent souffle en rafales de plus en plus fortes. Je vois passer des semi-remorques qui sont trempés. Les conducteurs me klaxonnent et me font des signes pour m’encourager.

Je finis par arriver dans ce qui a été une station service. Il doit y avoir des gens qui vivent sur place car deux chiens enchaînés montent la garde.

Je me mets a l’abri sous un reste de construction avec un toit en Eternit qui menace de finir de s’écrouler :

Mais déjà je suis un peu protégé des rafales de vent et de quelques gouttes.

Au bout d’une demi-heure le temps est redevenu plus calme et je décide de continuer la route.

Trente minutes plus tard je passe un panneau d’entrée d’agglomération :

La première impression est un peu mitigée avec de grandes cheminées qui crachent une fumée grise sur fond de ciel bleu…

Après les garages, les stations-service, les réparateurs de pneus et quelques cafés j’arrive à l’entrée de la ville et de son inévitable arc de triomphe :

Juste à côté un Mig 21 en pleine ascension :

Une voiture s’arrête et son conducteur, Madi, me demande d’où je viens, où je vais, s’il peut m’aider… partout je rencontre des personnes serviables au Kazakhstan 🤩

A 16H30 je suis arrivé dans un hôtel simple et sympa. Je viens de rouler 155 km et demain je vais visiter Balkhash et prendre un dimanche de repos 🤗

P.S. Merci à Laurent qui, malgré l’heure très matinale (pour lui) m’a accompagné sur Whatsapp pendant la matinée 👍🤩

9 réflexions sur « 2022-06-04 Da Balkhash »

  1. C’est super Mon Steph’Anne. Tu vas récupérer une ligne de jeune homme et péter une forme olympique ! Au fait dans quelles langues se passent tes échanges avec tes interlocuteurs kazaks ? Je ne suis pas sûr qu’ils parlent le français couramment et ta maîtrise du kazak…
    Bon repos dominical.

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    1. En effet 😉. C’est le russe qui est pratiqué et écrit partout. Il y a une langue Kazakh mais pratiquement tous les dialogues entre eux se font en russe. Avec moi c’est 50% le traducteur Google, 25% langue des signes et 25% quelques mots de russe que j’ai appris pendant mon voyage en Sibérie.

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  2. Avec un tel récit, c’est le prix Albert-Londres assuré en 2022… Pour info, il a été crée en 1932. 90 ans après, ca serait un bel hommage!

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    1. Tu dis ça parce qu’Albert Londres a fait des reportages sur le Tour de France qu’il a surnommé « le Tour de Souffrance » ? Jolie formule qui simplifie cette autre formule que j’aime bien « Vélo plaisir, vélo souffrance ». Son auteur (un alsacien dont je retrouverai le nom) dit que les deux sont inséparables… ce que j’expérimente chaque jour et me ramène sans cesse à mes initiales 🤣

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    1. Merci Ben 🤩. La journée se termine doucement : promenade et visite de Balkhash, massage des jambes du cycliste par une masseuse, déjeuner kebab, sieste, entretien du vélo, bania à l’hôtel… tranquille !

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  3. Bonjour Stéphane, C’est avec beaucoup joie que je reçois de tes nouvelles Je vois que tu vas bien et j’ai toujours autant de plaisir que je lis tes pérégrinations vélocypédique. 🤗 Et donc, tu voilà au Kazakhstan ? Effectivement, la pandémie puis cette maudite guerre n’ont pas arrangé les choses pour les gens qui, comme nous, aimons voyager libre à vélo 😉.

    Personnellement, je reprends de manière plus modeste (l’absence d’entraînement durant le confinement et un problème au pied obligent 😒) et ai décidé d’entreprendre le parcours de la velodyssée cet été.

    Bonne continuation. Bon courage et, j’espère avoir le plaisir de partager à nouveau avec toi un verre en terrasse, nos vélos à côté de nous 😊.

    Amitiés Eric Honoré

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