J 044 Krasnoïarsk – Kafé Florian (Ouïar)

Dimanche 24 Juin 2018

Départ matinal du Miniotel 24 na Mira.

Quand je vais préparer mon petit déjeuner dans la kitchenette je réveille la réceptionniste Irina qui dormait dans la petite salle à manger, sur un canapé 2 places.

Pour la remercier d’avoir préparé mon

dîner hier, je lui fais une tasse de thé et nous partageons quelques gâteaux.

Au moment où je pars je m’aperçois qu’elle s’en va également : j’ai l’impression d’être le seul client de l’hôtel…

Une photo avec Irina sur le pas de la porte :

Et je pars à 6H30.

Quelques photos en route

Puis je passe le pont sur le fleuve Ienisseï

Une petite vidéo

Le passage du fleuve marque la séparation entre la Sibérie Orientale (où je vais) et la Sibérie Occidentale (d’où je viens).

Sur une dizaine de kilomètres la route suit à peu près le cours du fleuve mais finit par monter sur un plateau qui domine Krasnoïarsk :

J’arrive un peu plus loin dans un café qui semble avoir une certaine réputation (beaucoup de touristes s’y arrêtent) à cause de 3 statues de cavaliers Mongoles :

Je finis par devenir copain avec le chien de la maison qui, au départ, n’appréciait pas du tout mon vélo

L’hiver ce café doit être apprécié pour son ambiance feutrée et chaleureuse :

Une boisson fraîche et je reprends la route qui monte toujours.

Vers 13H pause brochettes dans un petit restaurant Ouzbek :

Et c’est reparti. Bientôt moins de 1000 km pour Irtkousk :

La route est toujours très vallonnée. Vers 17H30 j’arrive à une station service et un café. Il y a un joli lac… je monte la tente :

Il y a une douche pour les routiers que j’utilise (moyennant 150 roubles, 2 euros).

Puis dîner habituel : soupe solianka, pilminis et des blinis comme dessert.

Les pilminis me coupent l’appétit, je ne sais pourquoi… je suis incapable de finir mon assiette mais j’insiste d’autant que deux russes sont venus manger à ma table et je ne veux pas avoir l’air de faire des manières de touristes.

Mais après qu’ils aient quitté la table je n’ai toujours pas réussi à finir.

Tant pis je retourne sous la tente. Je me sens fatigué.

Je m’endors en commençant la rédaction de mon article de blog.

Mélaine qui est de passage à Grasse m’appelle sur Whatsapp.

Anne doit me rappeler un peu plus tard pour que nous parlions de l’organisation pour la Mongolie.

Quand elle appelle je suis nauséeux et je n’arrive pas à l’écouter.

Nous raccrochons et je commence une nuit un peu difficile : nausées, crampes alternent sans me laisser beaucoup de répit.

Le matin me trouve un peu hagard et crevé par cette très mauvaise nuit.

Je vais prendre un thé. Je me recouche et je n’arrive pas à me motiver pour partir.

Finalement vers 11H tout est replié et je pars avec comme objectif de trouver un hôtel pour y prendre une douche et me retaper un petit peu.

A+ !

J 043 Krasnoïarsk

Samedi 23 Juin 2018

Départ en douceur en passant devant l’aéroport flambant neuf :

Au passage je note un hashtag #krasnoiarsk2019 (qui aura le temps ou la curiosité de chercher quel événement aura lieu ici en 2019 ?).

En attendant je pédale car il y a 38 km au menu de cette matinée.

Je croise deux cyclistes « sportifs » et nous échangeons des saluts sans nous arrêter.

J’arrive en haut de la dernière côte :

De l’autre côté ça descend vers la ville

La ville est toute blanche de fleurs de châtaigniers qui volent dans tous les sens.

Krasnoïarsk est une ville aux grandes avenues

Je vais prendre possession d’une chambre d’hôtel.

Ensuite les photos d’identité qui me permettront de demander un visa temporaire pour entrer en Mongolie.

La réceptionniste de l’hôtel m’indique un petit centre commercial où une photographe me fait ces photos en 15 mn.

Les immeuble de Krasnoïarsk sont typiques de ce que l’on voit un peu partout dans les villes russes :

Puis je pars à la gare afin d’acheter un aller-retour Oulan-Oude/Oulan-Bator pour moi et un Oulan-Bator/Oulan-Oude pour Anne.

Toujours des grandes artères qui sont assez désertes

Puis j’arrive à la gare :

Je vais au guichet où j’obtiens sans trop de problème un billet pour aller à Oulan-Bator.

Mais ça se complique pour le retour.

Malgré l’aide d’Anne qui parle au téléphone avec l’employée du guichet, impossible d’avoir ces deux billets retour.

On nous dit que, peut-être, nous pourrons les avoir à Oulan-Bator…

Ça n’est pas très rassurant.

Anne a déjà pris son billet d’avion mais les formalités de visa sont nettement compliquées par ce trajet France – Mongolie – Russie.

Normalement elle doit fournir aux autorités Mongoles la preuve de sa sortie du territoire et, en principe, c’est ce billet qui devrait en faire foi.

Et elle doit aussi avoir une date et un lieu d’entrée en Russie pour son visa russe.

Il faut croiser les doigts pour que tout se passe bien.

Je rentre à l’hôtel et je passe faire quelques courses pour dîner ce soir sur place : il y a une kitchenette à disposition.

Je fais quelques photos du centre de Krasnoïarsk :

Et je vois un petit combi où on vend des boissons chaudes dans lesquelles on met du sirop Monin (depuis que je suis en Russie, c’est le produit français que je vois le plus…) :

A l’hôtel je dépose mes courses dans le frigo et je vais lire mes mails avant de préparer mon petit repas.

Soudain on tape à la porte : c’est la réceptionniste qui me prévient que mes oeufs au plat sont servis… encore une fois je suis estomaqué par cette gentillesse naturelle !

J’ai décidé de poursuivre ma route demain.

J’ai mis un jour de plus que prévu entre Novossibirsk et Krasnoïarsk, mais je suis arrivé tôt aujourd’hui, donc ça compte comme une journée de repos.

Demain départ à 7H, direction Irtkousk !

J 042 Atchinsk – Krasnoïarsk Aéroport

Vendredi 22 Juin 2018

Un petit retour en arrière pour vous livrer une co-traduction du petit mot manuscrit qu’avait rédigé la patronne du Café Fortuna :

« Nous sommes heureux que vous ayez pris le petit déjeuner chez nous. Kafé Fortuna, 400kms Autoroute fédérale Kuzbass. District de Tcheboulinskyi, le lieu de naissance des dinosaures. Bon voyage »

(Traduction assurée par Valeria Jansen et Anne Beaurin)

Le lieu de naissance (ou la patrie) des dinosaures… ça fait un peu rêver ! J’aurais fait ce voyage il y a quelques millions d’années, je vous aurais raconté Jurassic Parc.

Ce matin je ne me presse pas trop : il me reste environ 170 km à faire en 2 jours. Je prends le temps de repasser quelques vêtements , de ranger mes affaires proprement, de préparer un petit déjeuner dans ma chambre…

Ensuite une photo de l’ours devant l’hôtel M53 (ours qui me plait mieux que ces pauvres bêtes en cage…)

La sortie d’Atchînsk se fait sans problème : la ville est une succession d’usines métallurgiques ou d’activités connexes. Cela me rappelle mon enfance dans la fonderie où travaillait mon grand-père (qui aurait certainement fait ce voyage en vélo sans la moindre difficulté et avec grand plaisir).

Évidemment la ville étant en bordure du fleuve… il faut remonter pour sortir de la ville. Ça grimpe bien !

Arrivé sur le plateau je découvre l’aéroport d’Atchinsk : je ne sais pas s’il y a du traffic régulier, mais je découvre une espèce de musée de l’aviation :

Il y a un petit jet d’Aeroflot à côté de biplans… il y a aussi des carlingues sans ailes.

Plus loin ça monte encore et j’arrive dans un meeting aérien… d’oiseaux de proie !

Je continue ma route tranquillement jusqu’à ce que j’arrive sur un chantier de rénovation de la route avec voie unique et feu de trafic alterné.

Comme d’habitude et en bon cycliste je passe les camions et voitures qui attendent que le feu passe au vert… et je comprends que je ne vais pas pouvoir passer ! Il y a juste une largeur de camion et si je m’engage le premier je vais bloquer tout le monde derrière moi. Si j’attends que tout le monde soit passé je n’aurais pas le temps de passer et je vais me retrouver face aux véhicules venant en sens inverse.

J’ai donc le choix entre me faire écraser par l’arrière ou par l’avant 😬.

Je décide de passer à pied de l’autre côté des plots en béton, sur le talus de soutènement.

C’est bien mais mon vélo glisse inexorablement vers le bas du talus édifié pour franchir une rivière. Je suis donc coincé en bas avec mon vélo…

Heureusement je me souviens que j’ai été sherpa dans une vie antérieure : je devais mes sacoches et en deux voyages je les porte 50 m plus loin. Ensuite c’est au tour du vélo.

Une petite demi-heure pour franchir ces 300 mètres de travaux, je m’en sors bien.

Il n’est pas 10 heures. Je commence à me dire que je peux peut-être arriver à Krasnoïarsk dans la journée.

Il suffit de pédaler un peu plus longtemps pour faire les 175 km 🤓

Je grignote en roulant, je réduis mes pauses et j’avance pas trop mal, malgré des montées à 6, 7 et même 11% (si on croit le panneau…)

Je continue à faire fondre mes réserves de graisse…

En début d’après-midi je tombe sur un loup, mort, visiblement heurté par un véhicule

Un peu plus loin, au niveau de Kemchug, des étals d’animaux empaillés se succèdent au bord de la route : ours, renards, oiseaux de proie.. des voitures s’arrêtent pour faire une photo des enfants à côté d’un ours (ça ne doit pas être évident d’acheter un ours empaillé et de l’installer comme passager supplémentaire dans la voiture).

Je continue d’avancer.

Sur le bas-côté où je circule c’est une hécatombe de papillons blancs.

Je ne sais pas s’ils heurtent les camions ou s’ils meurent après s’être accouplés mais le sol est moucheté de ces petites fleurs blanches qui sont ballottées par le vent et le souffle des camions.

Dans un café on m’indique un hôtel « bol’shoy » 20 kilomètres plus loin. Quand j’y arrive je suis tout de suite séduit par un belle bâtisse avec des rondins, un petit jardin, des brochette qui commencent à griller. A l’intérieur c’est une exhibition de gâteaux crémeux, chocolatés qui font envie après une journée à pédaler sous le soleil.

Sans parler de la perspective d’une bonne douche.

Quand je demande une chambre, c’est nietto.., pas d’explication. Un client qui m’a déjà questionné sur mon voyage (et qui me dit être parti de Tcheboksary pour aller au Cambodge et au Vietnam en vélo en suivant la même route que moi) essaie de plaider ma cause, rien à faire. Non c’est non.

Je demande s’il y a un hôtel pas trop loin ? Là aussi c’est niet.

Bon je vais me débrouiller… je suis à côté de l’aéroport et mon GPS Garmin me dit qu’il y a un hôtel. Sinon je continue jusqu’à Krasnoïarsk.

Je bifurque vers l’aéroport (et je loupe un Motel à peine 150 mètres après cette bifurcation si j’étais allé tout droit… Laurent me le fera remarquer plus tard).

Mais 5 kilomètres plus loin j’arrive à l’aéroport international Iemelianovo de Krasnoïarsk. Et l’hôtel est là, moderne et confortable.

J’en profite car la semaine prochaine, jusqu’à Irtkousk ça risque d’être camping tous les soirs.

Aujourd’hui j’ai fait 144 kilomètres et il m’en reste 25 pour Krasnoïarsk, donc un peu de repos demain matin pour arriver vers midi.

A demain pour une visite de Krasnoïarsk !

J 041 Tyazhinskiy – Atchinsk

Jeudi 21 Juin 2018

Avant de parler de la journée du 21, petit retour en arrière car j’ai oublié une rencontre lors de ma journée de mercredi : le garde barrière du passage à niveau

Vers 15H, la pluie se mettant à tomber, je choisis une maison de garde-barrière. Comme les passages à niveau sont automatiques, je me dis que c’est inoccupé.

Mais au moment où un train arrive un garde barrière sort de sa petite maison et surveille les barrières, les chicanes qui sortent du sol pour empêcher les voitures de s’engager et le cycliste qui squatte sa guitoune !

Il me fait prudemment reculer car il y a un Transsibérien qui arrive sur la voie opposée mais un autre train, de marchandise celui-ci, arrive de l’autre sens et passe dans un bruit d’enfer. Je vois les traverses et le rail se soulever d’au moins 10 cm après le passage de chaque roue !

Je demande au garde-barrière combien de trains passent chaque jour. La réponse est précise : 78.

Et combien de camions passent le passage à niveau ? Plus de 7.000 par jour. Je ne me rends pas compte si ce chiffre est élevé… environ 5 chaque minute en moyenne si je compte bien. Réflexion faite c’est pas mal…

Revenons à la journée du 21 Juin…

En partant de l’hôtel Den, photo de l’ours ou plutôt de sa cage : ça semble être une habitude de les mettre en cage ces pauvres ours…

Le départ se fait sous un soleil timide après une nuit où il y a eu pas mal d’orages.

Il faut croire que ça n’est pas terminé car avant 11H je vois que le ciel s’assombrit derrière moi.

Bientôt j’entends le tonnerre et… j’accélère la cadence en scrutant les alentours pour un abri, même de fortune.

Coup de chance, une grande station service !

Je mets le vélo à l’abri de l’auvent et je cours dans les toilettes – douches. De là je peux regarder à quoi je viens d’échapper…

La pluie arrive…

20 minutes plus tard le soleil est revenu et je repars vers le petit bourg de Bogotol.

Le village de Bogotol où serpente la rivière Tchoulym.

Un peu plus loin en rase campagne une espèce d’entrepôt ou de brocante (?) de trains, locomotives, wagons…

Vers 16H nouvel orage et je me réfugie in extremis dans le Café M53 après une nouvelle course poursuite où j’ai roulé sur le plat à 47km/h, poussé par un vent plus que violent.

J’approche de la ville d’Atchinsk que l’on contourne par le nord.

Un énorme complexe minier et industriel me fascine tant il est gigantesque et fait penser à des bandes dessinées de science-fiction…

J’arrive dans la ville où circulent plus de camions que de voitures.

Je trouve un hôtel avec un petit studio où je peux me préparer à manger, faire la lessive et même un peu de repassage.

Au moment où l’équipe de France joue contre le Pérou à Ekaterinbourg (bonjour à Seva !) je dors à poings fermés.

Le trajet était long avec 137 km.

Un dernier regard sur cette vision d’un monde industrialisé à outrance

Et je reprends la route pour Krasnoïarsk où je dois arriver demain.

Bonne journée !

J 040 Kemerevo – Tyazhinskiy

Mardi 19 Juin 2018

Je quitte mes 3 Ours (ou 4 si on veut) sans trop de regret et je prends la route de bon matin.

À huit heures moins le quart, j’arrive sous un timide soleil au Café Fortuna ou j’aurais dû arriver hier.

Je ne sais pas pourquoi mais ça me fait penser au Bagdad Café de Percy Adlon.

Pas de motel mais vraiment beaucoup de gentillesse dans l’accueil.

La patronne m’amène successivement un petit message manuscrit qu’elle m’a écrit pendant que je mangeais mes œufs sur le plat

J’attends un petit coup de main de la part de lecteurs russophones de ce blog, pour une traduction (si elle explique que je mange mes œufs comme un cochon, ne vous fatiguez pas à traduire ! )

Ensuite elle me fait cadeau d’une bombe de lotion anti-moustiques… c’est quand même sympa de penser à mon épiderme et aux démangeaisons consécutives des piqûres de moustiques.

Et pour terminer j’ai droit à un petit pain fourré à la confiture…

Comment appeler ça sinon de la gentillesse à l’état pur ?

Je quitte à regret mais le cœur content le Café Fortuna

Encore une grande descente (et la grande montée qui va avec…) et je retrouve une route plus plate.

Mais pour occuper mon esprit je m’aperçois que je n’ai plus d’accès internet : mon solde est passé à – 1,54 rouble.

C’est ballot. Je roule une trentaine de kilomètres en me faisant une raison, mais quand même ne pas pouvoir donner de nouvelles, ne plus envoyer d’article sur le blog… dur de se priver de ce moyen de communication.

Je m’arrête dans un café et chance il y a du WIFI : je charge les photos de mon article d’hier et je le publie rapidement.

Je consulte Google et je vois que dans une vingtaine de kilomètres je traverse Mariinsk qui semble être une ville importante.

Je vois qu’il y a deux boutiques de Beeline, mon opérateur russe.

Je vais être sauvé rapidement.

A 11H30 j’ai fait 80 km et je suis dans Mariinsk qui est une vraie ville avec centres commerciaux, jardins publics, gare…

À midi mon compte est rechargé et je finis la traversée de la ville en passant un pont sur la Kilia (le pont est aussi étroit que la rivière est large).

A une heure et quart je passe devant l’hôtel où je pensais m’arrêter pour dormir. Mais vous êtes d’accord c’est un peu tôt pour se coucher …?

Donc je fais une pause-café et une recherche d’un nouveau point de chute.

Je dois passer à côté de Thiazinskyi où il semble y avoir 2 hôtels. Je conciliabule par Whatsapp avec Laurent qui me suit pas à pas (roue à roue) et nous choisissons celui qui a 2 bons commentaires…

Ensuite je demande à mon agence de voyage en France (Anne…) d’appeler l’hôtel pour vérifier qu’il n’est pas fermé pour travaux, qu’il y a de la place…

Ça n’est pas franchement indispensable de faire ça mais c’est bon pour elle de parler russe au téléphone.

Ceci étant c’est un petit détour d’une dizaine de kilomètres mais bon je suis en pleine forme aujourd’hui (l’absence de douche hier soir y serait-elle pour quelque chose ?).

Cent mètres avant la bifurcation il y a… un autre hôtel, sur le bord de l’Avtograda Baïkal. Donc zéro détour.

Certes je ne suis pas fatigué mais quand on peut économiser ses forces…

Je m’installe donc au Cafe-Gostinitsa Den.

Tout à l’air bien : chambre à 700 roubles (10€), sanitaires communs propres, lave-linge et баня… j’en rêvais presque d’un bania.

Après la douche je constate qu’il pleut… si j’avais choisi l’hôtel dans Thiazinskyi, je serais sous l’averse.

Je sors du баня comme un homard.

J’étends mon linge et c’est l’heure du repas.

Dans la salle à manger des sud-coréens sont en train de dîner :

Ils disent le bénédicité au début du repas ce qui me met sur la voie pour deviner leur nationalité. La jeune femme doit être leur interprète car elle parle Russe et c’est elle qui commande les plats pour toute la table.

Pendant tout leur repas ils se frappent le visage et les bras : ça n’est pas un signe de mortification religieuse… ce sont les moustiques !

Ça m’étonne qu’ils n’aient pas une application « anti-moustiques » dans leur téléphone portable !

Le mien est posé sur la table et les moustiques m’évitent :

Mosquito free

Je saisis l’occasion de la fin du repas pour saluer un de ces Coréens du Sud et lui montrer cette petite application.

Souvenir de la promo CPA 87-Daniel Garillot, je lui parle de notre voyage à Séoul un an avant les JO d’été, ma visite de Pusan. Il m’explique qu’ils viennent de Pyeongchang, la ville où ont eu lieu les JO d’hiver cette année.

Évidemment la présence d’un français l’intrigue et je lui explique rapidement mon voyage en vélo. Du coup il appelle ses amis pour leur présenter l’intrépide français-chasseur de moustiques-connaissant leur pays…

Nous nous quittons avec les salutations et courbettes d’usage et plein de souhaits respectifs de réussite et de chance… c’est beau l’amitié entre les peuples, non ?

Voilà une belle journée de vélo (près de 130 km), de rencontres sympathiques… c’est formidable de voyager !

A demain si vous le voulez bien.

(J’essayerais de vous parler des ours…)

J 040 Kemerevo – Krasnyy Yar

Mardi 19 Juin 2018

Au revoir à mon hôtel de Kemerevo ! Photo avec les deux employés qui se sont décarcassés pour me trouver un arrêt pour ce soir :

Ensuite un petit tour de Kemerevo

Et je franchis la rivière Tom

(L’ancien pont n’a pas été démantelé)

La route se poursuit avec quelques vallées à franchir et après 5 kilomètres d’une belle montée je reste sur une zone de crête et j’arrive à un petit café restaurant sympa au terme des 50 premiers kilomètres.

Après déjeuner ça repart fort avec des montées à 7% sous le soleil.

Visiblement les camions souffrent autant que moi : j’en vois souvent qui stoppent en pleine montée.., ça doit chauffer sous le capot autant que sous mon casque.

Quand j’arrive à Krasnyy-Yar, l’hôtel des 3 Ours est bien là.

La réceptionniste certainement marquée par son travail dans cette antre, complète le trio d’ours : l’hôtel devient donc « Hôtel des 4 Ours ».

Il ne manque que douche et toilettes sinon ça serait parfait.

Pour ce soir ça ira bien 🤓

Maintenant c’est repos et on continue demain !

J 039 Bolotnoïe – Kemerovo

Lundi 18 Juin 2018

Pour une fois je n’ai pas grand chose à vous raconter…

J’ai gardé la tête dans le guidon toute la journée : vent défavorable et succession de montées et descentes.

Comme les montées durent plus longtemps, j’ai eu le sentiment qu’il y avait plus de dénivelé positif que négatif.

Mais le sentiment… ment ! C’était exactement les mêmes dénivelés dans les deux sens.

Depuis ce matin les panneaux indicateurs donnent la distance d’Irtkousk, histoire de motiver (ou démotiver) les fous qui pédalent dans cette direction :

Irtkousk 1670 km… avouez qu’on ne voit pas souvent ce genre de panneau dans l’hexagone !

A part la disparition de l’hôtel prévu à Kemerevo, rien à signaler sur cette grande ville dotée d’une grande gare.

Demain je vais peut-être revoir l’étape à la baisse pour ne pas accumuler trop de fatigue.

A demain !

L

J 38 Novossibirsk – Bolotnoïe

Dimanche 17 Juin 2018

Un dernier au revoir à Fabrice et je quitte Novossibirsk.

Au passage un coup d’œil sur l’église de l’Ascension

Et à la sortie Nord de la ville, un centre commercial gigantesque

qui s’appelle

Nordmoll (ou North Mall, le centre commercial nord)

Il pleuvine depuis le départ mais ça commence à devenir plus sérieux.

Heureusement je me suis mieux équipé que jeudi matin.

Et le trajet d’aujourd’hui comporte plus d’abris : arrêts d’autobus, cafés.

Je ne les ai pas tous essayés mais presque, attendant la fin des plus grosses averses.

Dans un de ces cafés la patronne veut me faire épouser sa fille.

La Maman fait quelques photos, sans doute pour les faire-part…?

Mais dehors il fait beau et le vélo m’attend… ça sera pour une autre fois !

Aujourd’hui je croise régulièrement la voie ferrée du Transsibérien et je vois surtout passer des convois de trains de marchandise.

Étape un peu rallongée pour atteindre l’hôtel Fenix à Bolotnoïe

139 km aujourd’hui.

Bolotnoïe est un bourg relativement important, mais très rural.

On y fait du paramoteur visiblement…

Pour le reste c’est plutôt calme avec des petites datchas

L’heure de la douche et de la lessive est venue.

(Je vous parle souvent « lessive », sachez que j’applique le dicton de la Marine : « Mouillé c’est lavé, sec c’est propre ! « )

Voilà c’est tout pour aujourd’hui !

A demain, en route pour Kamerevo, ville dont vous avez peut-être malheureusement entendu parler cet hiver car un incendie s’y est déclaré dans un centre commercial et il y a eu une cinquantaine de morts, en majorité des enfants.

J 37 Novossibirsk

Samedi 16 Juin 2018

Journée détente bis… Encore un peu de courses aux halles avec un passage dans un petit café où on fait des feuilletés à l’oignon délicieux 😋

On trouve de plus en plus de nationalités différentes à Novossibirsk. Ici la jeune serveuse au type Ouïgour (population musulmane du nord de la Chine) de la cafétéria.

Au marché j’achète des fruits secs à Ali qui parle un anglais très correct. Je lui explique que je ne peux emmener, en vélo, tout son étal. Du coup il veut en ajouter pour me faire des cadeaux…

Ensuite j’ai un assistant laveur de vélo en la personne de Gaspard qui adore le « shlang » (le tuyau d’arrosage en Russe)

Bientôt mon vélo est propre, la chaîne dégraissée et huilée de frais, les freins réglés… nous pouvons entamer avec Gaspard une course de vélo.

Gaspard fixe le prix du vainqueur à 100 roubles !

Heureusement pour moi nous terminons ex-æquo !

Gaspard essaie de m’apprendre quelques mots de Russe. Lui maîtrise bien le français.

Ensuite nous dégustons en famille le délicieux couscous préparé par Fabrice.

Photo de famille après le repas :

Fabrice, Valeria, Couchine (le chat),Gaspard, Macha et Stéphane

Je commence à recenser mes affaires, regarder le profil de l’étape de demain… le voyage m’appelle !

Merci à la famille de Fabrice et Valeria pour leur accueil, leur hospitalité… je n’oublierai pas ces deux jours en votre compagnie.

J 36 Novossibirsk

Vendredi 15 Juin 2018

Avant de partir à la découverte de Novossibirsk, Fabrice m’emmène au service d’immigration pour savoir si mon visa peut être prolongé de 10 jours.

Nous traversons des quartiers animés avec des bâtiments colorés :

Au service d’immigration la réponse est malheureusement négative ce qui scelle pour cette année mon projet de rejoindre Vladivostok.

Mais je fais contre mauvaise fortune bon cœur et plus j’avance dans ce voyage, plus je comprends que le trajet et les rencontres que je fais sont aussi importants que le but à atteindre.

Cette année je vais m’arrêter à Oulan-Ude, ville aux portes de la Mongolie.

Si les circonstances le permettent, l’an prochain je repartirai d’Oulan-Ude pour aller à Vladivostok et je poursuivrai ma route vers… la Chine.

Cette nouvelle feuille de route va me permettre de passer plus de temps dans les villes à visiter, d’être plus disponible pour faire des rencontres.

En attendant je commence par passer plus de temps à Novossibirsk : cette ville est étonnante par sa variété de populations, par son activité trépidante.

Après un voyage aller en taxi (Über), nous rentrons en bus.

Les enfants (et lycéens) russes sont en grandes vacances pour 3 mois depuis le 1er Juin (le reste de l’année c’est lundi-samedi…). Du coup les bus sont remplis d’enfants en centres aérés

(On ne les voit pas, ils sont obligés de s’assoir)

Un petit café avec Fabrice avant de commencer mon excursion

Novossibirsk, créée en 1893, est devenue une ville dix ans plus tard. Le Transsibérien a été le moteur du développement de la ville : les habitants de Tomsk ayant refusé le passage du train dans leur ville, c’est Novossibirsk qui a hérité d’un important nœud ferroviaire et d’une très belle gare.

Le premier monument est une statue qui représente les différentes villes de Sibérie :

Une statue en marbre

Novossibirsk à la réputation d’être une ville de la culture.

Son opéra est le plus grand de Russie :

À côté la Philharmonique :

Et en face de l’Opéra les statues dédiées aux héros soviétiques :

Lénine, évidemment, entouré du paysan, de l’ouvrier et du militaire

Et d’un couple ouvrier – paysan :

Tout près de l’Opéra et de la place de la Victoire, une statue de Vladimir Vissotsky (le mari de Marina Vlady) :

Je poursuis la visite sur un boulevard où domine le théâtre :

Le quartier est résolument moderne avec des immeubles en construction :

En face de trouve le parlement régional :

En revenant vers le centre la statue d’Andrei Krayenkov, l’architecte urbaniste qui a modelé la ville de Novossibirsk.

Une tour, combinaison d’un centre commercial et de logements, domine un quartier sur l’est du centre :

Sur l’artère principale du centre ville (Krasnaya Prospekt) de trouve La Chapelle Saint Nicolas qui marque le centre géographique entre Asie et Europe :

Ensuite retour en trolleybus chez Fabrice et Valeria : je dois faire un peu de nettoyage des bagages.

Dans les passages pour piétons, expositions de peintres amateurs :

En fin d’après midi j’accompagne Fabrice aux halles centrales situées juste à côté de chez lui.

Fruits, légumes, viandes, poissons… tous les produits ont l’air appétissant. Fabrice qui est venu avec moi, achète les ingrédients pour préparer un couscous mouton-poulet demain samedi.

Le boulanger a un four superbe :

Et ses pains sont très bons.

Nous repartons du marché avec des œufs d’un poisson appelé « esturgeon » et du saumon fumé. Apéro en vue…

Demain c’est au tour du vélo d’être soigné et bichonné : il en a besoin !

Deuxième jour de repos avant d’embrayer vers Krasnoyarsk.