J 059 – J 060 En route vers Oulan-Bator

Mardi 10 et Mercredi 11 Juillet 2018

Départ de l’hôtel du Gentil Chat vers 10H et, sur le chemin de la gare, je photographie une vieille maison en bois, typique d’Irkoutsk :

Puis je descends les escaliers qui mènent à la gare :

A 10H45 le train entre en gare :

La porte de tous les wagons s’ouvrent au même moment et toutes les проводница (provodintsa, la contrôleuse) essuient méticuleusement les deux mains courantes avant de déployer l’escalier qui permet de monter ou descendre de leur wagon.

Mon billet et mon passeport sont vérifiés avant de monter et on m’installe dans un compartiment où je vais être tout seul. Pas de chance, je voulais bavarder. Il me restera le couloir.

A l’heure pile le train quitte la gare.

Deux heures plus tard le train a fini sa traversée des montages au sud d’Irkoutsk après des lacets incessants :

Et il rejoint la côte Sud et orientale du Baïkal dans le secteur de Slioudianka

Puis j’ai la visite dans mon compartiment de ma voisine d’à côté. Je lui ai dit « pardon » en français alors qu’elle passait dans le couloir et que je gênais son passage. Elle en a déduit fort logiquement que j’étais francophone car Ala (Алла) est une Bélarus qui vit à Forbach, en Lorraine, où elle donne des cours de Russe.

Nous faisons connaissance et elle m’explique qu’elle se rend à Ivolguinsk, un village à une quarantaine de kilomètres d’Oulan-Oude.

C’est l’endroit où est conservée la momie du Lama Itigilov depuis 1927.

Le Lama avait demandé à être exhumé 50 ans après sa mort ce qui a été fait en secret en pleine période communiste en Russie.

Le corps du Lama a été trouvé en parfait état, cheveux et ongles toujours en train de pousser, température du corps à 36°…

Pour les boudhistes il n’est pas mort mais a atteint le stade ultime de la méditation.

Il est donc vénéré et quatre fois par ans il est sorti de son sarcophage et on peut s’approcher de lui et même, pour quelques heureux élus, le toucher.

Des études scientifiques ont été menées sur son corps et, apparemment le Lama prenait, de son vivant, des quantités importantes de bromes (sels de bromure) qui auraient entraîné une protection de ses cellules contre la putréfaction des chairs et des organes.

Mais une part de mystère subsiste encore…

En attendant Ala m’initie (un peu) aux mystères des déclinaisons russes (nonobstant les génitifs et autres accusatifs…) quand on dénombre des objets :

Один блин ( 1 blin) une crêpe

два блина (2 blina) deux crêpes

три блина (3 blina) trois crêpes

четыре блина (4 blina) quatre crêpes

пять блинов (5 blinof) cinq crêpes

блины (blini) plusieurs crêpes

J’adorrre блины сгущенное (les crêpes au lait concentré) !

Merci pour le cours de Russe Ala ! Et bon voyage.

Le trajet se poursuit en traversant des petites gares typiques

Ou parfois modernisées :

Puis c’est l’arrivée à Oulan-Oudé

Je me précipite à l’hôtel pour un dîner rapide afin de regarder le match France-Belgique.

Pendant le repas je prends conscience que le match est joué à 20H45 heure de Saint Petersbourg, soit 01H45 du matin ici… j’ai largement le temps de me préparer à être le seul supporter de l’équipe de France dans les environs d’Oulan-Oude

Ça me laisse aussi le temps de vérifier mon billet de train pour demain et m’apercevoir que lui aussi est à l’heure de Moscou pour le départ d’Oulan-Oude (et à l’heure locale d’Oulan-Bator pour l’arrivée)

Mon train qui est indiqué à 10H45, part en fait à 15H45… j’aurai le temps de faire la grasse matinée !

Après une courte nuit (compensée par la victoire des Bleus), je vais visiter sous la pluie, malheureusement, Oulan-Oudé

Lénine n’est pas « en pied » mais à attrapé la grosse tête ici.

En face de la gare une locomotive qui a dû avoir son heure de gloire sur la ligne du Transsibérien.

Arrivé l’heure du départ avec un train parfaitement à l’heure

Les ours me regardent monter dans mon compartiment où je dois passer les quinze prochaines heures :

Le train est composé de voitures un peu âgées mais tout semble entretenu et briqué avec soin.

Sortie du train en gare d’Oulan-Oude

Le paysage est toujours le même

Le trajet se déroule paisiblement. Un peu de conversation avec des voisins italiens qui vivent à Zürich, soupe chinoise achetée avant le départ comme repas…

À vingt et une heures nous arrivons au poste de contrôle russe de la frontière Russo-Mongolie.

Passeport, bagages…

Le train repart, il s’arrête au poste frontière mongole.

Bagages, passeport…

Une policière tirée à quatre épingles vient me tirer de ma torpeur : « Follow me please ».

Je me retrouve sur le quai, à la lumière blafarde de réverbères, sous la bruine. Sur le quai, des militaires sont alignés, kalachnikov en mains, un devant chaque wagon, à trois mètres de chaque porte.

Avant d’arriver au poste frontière la provoditsa est venue fermer les rideaux des compartiments, donc c’est la surprise totale pour moi.

A part les militaires et ma « gardienne » qui me précède en serrant sous son bras son petit porte-documents, personne sur ce quai immense. En tout cas je suis le seul civil…

Nous nous dirigeons vers un grand bâtiment. Les soldats ne bougent pas d’un poil, leur arme braquée vers le train.

Je me demande ce qui va m’arriver et je repense aux films d’espionnage de ma jeunesse…

En fait mon visa Mongole, fait a Irtkoutsk, ne leur convient pas. Pour une raison inconnue il faut le refaire. Heureusement que j’ai fait trois photos d’identité à Krasnoïarsk, il m’en reste deux. Dix minutes et 300 roubles plus tard j’ai un nouveau visa et le précédent reçoit un tampon « VOID« .

Retour au train avec un autre ange gardien et je réintègre mon compartiment.

Je peux me vanter d’avoir mis un Transmongolien en retard : le train arrivera à Oulan-Bator avec 10 minutes après l’heure prévue.

Il est minuit passé quand nous repartons. C’est l’extinction des feux.

À bientôt pour l’arrivée à Oulan-Bator !

J 058 Retour d’Olkhon à Irkoutsk

Lundi 9 Juillet 2018

Réveil un peu plus tôt ce matin : j’ai rendez-vous devant le supermarché de Khouzir à 9H30 pour partir en minibus vers Irtkousk.

Ranger les sacoches et replier la tente demande un peu de temps.

J’essaie de faire aussi vite que Trien qui a décidé, elle aussi, de trouver un bus pour retourner à Irtkousk.

Peine perdue : elle a terminé de ranger ses affaires, replier sa tente et tout charger sur son vélo 10 bonnes minutes avant moi.

Petit déjeuner sans trop de monde pour nous déranger… c’est plutôt nous qui devons déranger les dormeurs qui n’ont pas l’air pressés de se lever ce matin.

Je chuchote un au revoir à Pacha qui semble réveillé dans sa tente. Il me répond « Good luck Stéphane ! »… merci Pacha 😊👍

En partant Trien dévale la pente comme si elle faisait une course VTT… ses freins ont dû lâcher ? Non elle veut faire une photo de moi « en action » ! Pas de chance car j’avais aussi lâché les freins pensant ramasser les morceaux de Trien éparpillés par terre au milieu de la rue. Donc la photo live se transforme en photo-pause.

Nous passons au bureau des bus et malgré la gentillesse de la jeune fille qui assure la vente des billets il n’y a pas de place dispo pour Trien…

Elle me dit qu’elle va rouler jusqu’au ferry et faire du stop. Je me dis qu’avec son vélo ça ne va pas être évident de trouver un co-voitureur !

Allez nous allons demander à mon chauffeur si un passager et un vélo de plus….

A 9H15 il arrive et tout de suite dit que c’est OK.

Le chargement des vélos sur le toit du minibus tient du grand n’importe quoi : je suis convaincu qu’ils ne resterons pas 500 mètres sur ces pistes chaotiques 😬

Il faut croire que je suis pessimiste car après les 35 kilomètres jusqu’au ferry les vélos sont toujours là haut.

Trien monte sur le toit pour enlever ou mettre une sacoche et se fait tancer par le commandant du ferry.

Ça ne l’empêche pas de rester de bonne humeur

(C’est peut-être parce qu’elle un morceau de fromage à la main… elle adoooorre le fromage !).

Nous retrouvons un des membres du campement qui prend la pose au moment de la prise de vue :

Nous quittons Olkhon :

La traversée se fait sans anicroche et après la piste en terre nous allons retrouver le goudron.

Avant d’arriver à Irkoutsk j’ai quand même réussi à convaincre Trien de ne pas planter sa tente dans un jardin public d’Irkoutsk 🤓.

Les places dans le dortoir sont à 600 roubles (8€ environ), c’est raisonnable même si son budget journalier est de 10€.

Une fois arrivé à l’hôtel je fais un grand rangement de mes affaires pour n’emporter à Oulan-Bator que le strict nécessaire.

Je remise le vélo dans la bagagerie de l’hôtel. Il va m’attendre jusqu’au retour d’Oulan-Bator.

Trien est partie faire réparer la prise USB de son GPS.

Elle revient avec spaghetti, légumes verts, tomates. Elle prépare le repas sans attendre 5 minutes… quelle énergie !

L’ambiance est sympathique dans la cuisine de l’hôtel. Nous faisons connaissance de nos voisins et voisines : chinois, laotiens, thaïlandais, c’est un vrai caravansérail !

Une jeune laotienne (ou thaïlandaise ?) part pour Moscou, Prague, Bruges, Barcelone, Venise et Paris.

Son mari va la rejoindre à Barcelone et ils vont, à partir de cette ville, faire leur voyage de noces ! Vive la mariée !

Nous restons un bon moment à discuter tous les trois dans la cuisine et il est plus de minuit quand nous regagnons le dortoir où tout le monde dort déjà à poings fermés.

Demain matin pour moi un saut de puce de 550 km en Transsibérien pour rejoindre Oulan-Oudé.

Trien reste à Irkoutsk un jour encore avant de prendre elle aussi le Transsibérien mais en direction de Moscou pour la suite de son voyage à vélo…

Si vous voulez suivre son blog :

https://trientrapt.com

(Trien trapt = Trien pédale)

Hasta la vista chers lecteurs !

J 057 Olkhon : rencontre avec Trien…

Dimanche 8 Juillet 2018

Après la sieste forcée sous la tente je vais me dégourdir les jambes dans Khouzir.

Dans la rue principale je vois un vélo aux allures de requin

Ça n’est pas un vélo ordinaire : il semble fait pour la randonnée mais dans un style vraiment « baroudeur ».

Poussé par la curiosité je rentre dans le café devant lequel est garé ce vélo.

Au fond de la salle un casque de cycliste est posé sur une table où une jeune femme est en train d’écrire sur un ordinateur portable.

Je m’approche et je lui demande si c’est son vélo qui est garé dehors. Elle confirme.

Je lui explique en deux mots que je suis moi aussi randonneur en vélo et je lui demande d’où elle vient.

Là ça devient compliqué car son périple est totalement démentiel : Trien (prononcez « Trrinn ») Pauwels est partie de Belgique il y a bientôt deux ans et demi et elle a traversé en vélo je ne sais combien de pays.

Ce n’est plus la peine de compter les kilomètres à ce stade là : vingt mille, trente mille… c’est la nature de son projet qui force l’admiration ! Trien avance en collectant des fonds pour UNICEF et WWF.

Nous parlons « vélo », « voyages », « rencontres »…

Trien vient de Corée du Sud. Elle a pris un ferry jusqu’à Vladivostok. Là-bas elle a logé chez un hôte Warmshowers. Puis elle est venue en train jusqu’à Oulan-Oudé (qui devait être ma prochaine grande étape en vélo et où je me rends mardi en train).

Elle a fait le trajet (qui fait un peu moins de cinq cent kilomètres par la route directe) en passant uniquement par de pistes ! J’ai vu quelques photos… impressionnant. Des journées de 25 kilomètres en poussant le vélo dans 30 cm d’eau et de boue. Un truc de ouf comme diraient les jeunes.

Trien n’est pas une frêle jeune femme : elle avoue avoir 44 ans depuis peu (le 29 Juin) et a hérité de sa Flandres natale une bonne constitution.

Mais quand même : elle voyage avec trois fois rien, dort sous la tente tous les jours, endure la pluie, les bestioles qui piquent, sans broncher.

Elle se nourrit de flocons d’avoine, de fruits secs et… d’eau (elle est végétarienne et veut devenir vegan).

Bon certes elle a de l’entraînement sur son vélo: Amérique du Sud, Turquie, Inde, Népal, Tibet, Viet-Nam, Corée du Sud, Islande, Europe, Russie… mais quand même.

Je pense que j’ai rencontré une grande dame du cyclotourisme et de l’humanitaire.

En plus de l’UNICEF et de WWF, elle a lancé un nouveau projet pour aider à la scolarisation des jeunes filles au Népal.

Elle est arrivée sur Olkhon depuis Irkoutsk en minibus (comme moi) ce qui me retire un petit complexe. Mais elle a débarqué après la traversée du ferry et est venue en vélo jusqu’à Khouzir, toujours en empruntant des pistes secondaires.

Et en cette fin de journée elle s’est arrêtée pour recharger ordinateur et téléphone et manger un petit peu.

Elle va aller planter sa tente en camping sauvage.

Je lui propose une solution intermédiaire en s’installant dans notre campement un peu organisé.

Cette solution lui convenant je la guide jusqu’à la maison et l’église de Sergey.

Comme il n’est pas chez lui, Trien plante sa tente : 5 minutes montre en main, on reconnaît la pro !

Encore 5 mn et elle a pris sa douche (froide) et fait un shampoing.

Nous retournons « en ville » pour que je mange un morceau.

Trien accepte une bière (elle n’est pas belge pour rien !) et une salade lilliputienne.

Elle m’explique son programme des mois à venir.

Elle va retourner à Irkoutsk où elle doit faire réparer la prise micro USB d’alimentation de son GPS. Mercredi elle prend le train pour Moscou. Ensuite elle monte en vélo jusqu’à Mourmansk (plein Nord vers la mer de Barents sur 1850 km). De là elle file sur le Cap Nord pour redescendre par la Norvège vers le Danemark, les Pays-Bas et la Belgique.

Elle se tâte pour faire un crochet par l’Ecosse.

Je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi je suis admiratif.

Elle me dit qu’elle a fait des courses cyclistes dans sa jeunesse (Gand-Wevelgem, Liège-Bastogne-Liege, Tour des Flandres…). C’est donc une sorte de Jeannie Longueau, à la mode flamande,qui est devant moi.

A part se prosterner humblement que peut-on faire ou dire devant un tel investissement personnel ?

Après le dîner (pour moi) nous sommes conviés par Pasha, un Ukrainien qui est dans le campement, à aller voir un spectacle où un couple, également dans notre petit camp, jongle, danse et joue avec le feu :

Décidément ce soir on nous met le feu !

Une fois le spectacle terminé c’est l’extinction des feux… pour les artistes et pour nous aussi.

A demain !

J 057 Olkhon

Dimanche 8 Juillet 2018

La journée commence, comme hier matin, sous le soleil.

Je consulte les résultats du Mondial : la Russie est éliminée, avec les honneurs, aux tirs-au-but. Donc il n’y aura pas de finale France/Russie…

Ça me fait penser que j’ai oublié hier de poster la copie d’un Tweet qui m’a fait me tordre de rire quand j’ai lu le résumé et les commentaires du match France-Uruguay hier matin. Je vous le livre brut de décoffrage et j’espère qu’il vous fera au moins sourire :

Normalement il n’y a que dans les brèves de comptoir qu’on trouve ce type de réflexion… si on s’y met sur Tweeter, le monde va devenir sympathique.

Remarquez je ne me plains pas car pour moi la matinée commence par un petit déjeuner très sympathique avec mes camarades de camping. J’ai mis dans le pot commun un pot de lait concentré sucré au café (une vraie tuerie) et visiblement tout le monde, ou presque, apprécie cette petite douceur.

Le carillon du Père Sergey retentit à neuf heures et quart.

Tout le monde a l’air de démarrer ce dimanche matin en roue libre…

L’élimination de la Russie n’est même pas évoquée et quand je leur fais part des commentaires élogieux faits par les journalistes français sur leur équipe nationale, ça ne leur fait ni chaud ni froid : le foot n’est pas du tout leur centre d’interêt.

Ce matin trois jeunes s’en vont et j’ai droit à de grandes accolades au moment du départ.

Quand même il faudrait peut-être que je me bouge un peu…

Objectif : un point d’observation baptisé « abri » sur ma carte ou « observation deck » sur Google Maps. Un petit peu de dénivelé, certes, mais certainement une belle vue sur la région.

J’arrive en contrebas de la colline qui semble bien escarpée. En haut je distingue des cavaliers qui font halte au point de vue.

Je commence ma petite grimpette qui se transforme peu à peu en ascension ! Ce petit chemin de terre va me donner du fil à retordre…

Je croise les cavaliers qui descendent et prennent un autre chemin.

Je continue à mouliner… les cinquante derniers mètres sont au maximum des mes possibilités mais j’arrive en haut sans avoir mis pied à terre !

Pas de chance le promontoire a été investi par deux minibus arrivés par l’autre côté de la colline. Appareils photos, caméras… ça mitraille dans tous les sens.

En plus un quad est en train de monter. Mais peut-être impressionné par le monde, il poursuit sa route…

Ça ne m’empêche pas d’admirer le paysage…

En tout cas la vue est bien dégagée

Comme dans beaucoup d’endroits, un totem chamanique est planté à côté de l’abri :

Mon vélo lui est planté de l’autre côté !

La descente est un peu plus rapide. Heureusement car je sens des gouttes. Décidément la météo est capricieuse.

En revenant à Khouzir je passe voir le « port » ou plutôt l’appontement qui est en cours de réfection (il en a bien besoin) :

Peu de bateaux « valides » mais beaucoup d’épaves

Un vieux bus surveille ce cimetière à bateaux :

Les gouttes s’intensifient.

En rentrant je passe devant une maison d’hôtes baptisée « Chez Nadine », étrange…

La suite du programme est une longue sieste forcée, à l’abri de la pluie sous la tente…

À bientôt !

L

J 056 Olkhon

Samedi 7 Juillet 2018

Petite promenade matinale sur le promontoire qui domine Khouzir d’un côté et la « petite mer » qui sépare Olkhon de la rive occidentale du Baïkal.

Au réveil le soleil était généreux mais en moins de 30 mn ça se couvre et il fait du vent qui rafraîchit l’ambiance météo.

Personne n’est levé dans le campement. La cloche de l’église sonne huit heures.

Je prends un petit déjeuner tout seul à la table commune puis je vais préparer mon vélo.

À neuf heures Sergey, le prêtre carillonneur, entre en action

Tout le monde est maintenant réveillé, occasion de faire une photo du groupe :

Il est temps de partir en excursion.

Je me suis fixé comme objectif une station météo au nord est de l’île.

La rue principale de Khuzhir est quasiment déserte

Je commence par rencontrer un cycliste en panne à 5 km de Khouzir… Alec, un jeune moscovite, a loué un VTT et sa chaîne vient de casser.

Bonne occasion de sortir quelques outils qui n’ont, pour le moment, jamais servi.

Ça prend un peu de temps mais Alec peut rentrer à Khouzir pour avoir une petite conversation avec son loueur…

Le chemin (route) est parsemé d’ornières de sable et je n’avance pas très vite.

Je peux regarder de près les totems chamaniques qui sont plantés ici et là au bord du chemin :

J’accroche un ruban trouvé par terre, ma contribution aux rituels locaux.

Mon trajet commence à ressembler au Roc d’Azur… descentes abruptes, montées qui le sont tout autant, gymkhana entre les racines, zones boueuses.

Je finis par caler en abordant une petite mer de sable :

Plus question d’avancer sur le vélo : même en le poussant j’ai du mal à le faire bouger tant les roues sont ensablées.

J’arrive dans un petit hameau qui s’appelle Peschanka qui signifie « le village de sable »… le bien nommé !

Ce village de sable était une des prisons du goulag…

Je suis à la recherche de баня qui sont en bord de plage paraît-il. J’essaie de me renseigner et on m’envoie 500 mètres plus loin.

A part du sable et une belle plage, je ne vois rien.

Mon vélo goûte la température de l’eau et ne semble pas la trouver trop froide.

Mais en attendant je suis un peu démotivé par la nature du terrain : ma promenade va s’arrêter ici et je vais déjà devoir pousser le vélo sur plus de deux kilomètres avant de retrouver une piste où je vais pouvoir monter sur la selle.

Pendant que je traverse une zone bien pentue en poussant le vélo, je croise un jeune suisse de Zürich. Il prend quelques jours de vacances entre deux matchs de la Coupe du Monde de foot. Il a vu le 1/4 de finale France-Argentine et a un billet pour le match des perdants de la 1/2 finale, vendredi prochain à Saint Petersbourg.

En attendant il profite de son temps libre pour randonner et camper. Il me demande si on peut camper dans ce secteur. Comme j’ai vu une tente près de la plage je lui dit, qu’à mon avis, c’est permis et qu’il y a un café à 500 m pour se ravitailler.

Il va donc s’installer par ici ce soir.

Quant à moi je recommence enfin à pédaler.

La piste longe le lac et épouse la forme des collines

La végétation est réduite : herbe pour le pâturage des troupeaux de vaches, petites fleurs occasionnellement

Les bords de la « petite mer » sont calmes à part le cri des mouettes :

J’arrive à Khouzir, retour au campement. Le jour décline lentement

Après le repas nouvelle veillée autour du feu mais je tombe de sommeil… tente, duvet, dodo…

Demain nouvelle excursion sur les hauteurs à côté de Khouzir.

J 055 Olkhon

Vendredi 6 Juillet 2018 (suite)

Le minibus se fait attendre… j’avais retenu qu’il passait me chercher à 10H30 mais, en relisant le message d’Olesya, je m’aperçois vers 11H que c’était 11H30.

Donc je patiente encore un peu mais une heure plus tard toujours pas arrivé…

La réceptionniste qui me voit ronger mon frein, appelle la compagnie de minibus et on lui dit qu’il va être en retard (ça c’était déjà acquis…).

Enfin à 14H15 le minibus arrive et embarque mon vélo, mes sacoches et moi.

Six autres passagers avec moi.

A mi-parcours nous faisons halte dans un Café pour une pause de 30 mn.

Ça me permet de faire connaissance avec les deux jeunes coréens qui sont dans le minibus.

Le vélo les intrigue et ils veulent savoir d’où je viens.

Je leur dis « merci » en coréen quand ils me laissent passer à la porte d’entrée du Café et ils n’en reviennent pas 😜. Merci à notre voyage CPA Nord…

Évidemment ils n’étaient pas nés en 1987 quand nous étions à Séoul…

La route reprend pour le dernier tronçon.

Je guette toujours le Baïkal.

Enfin par la fenêtre opposé le voilà !

Puis c’est l’arrivée au ferry.

Comme vous pouvez le voir sur la photo satellite de Google, l’isthme entre l’île et la rive du lac est relativement petit (un peu plus d’un kilomètre)

Les ferries font des rotations continues. En deux minutes nous sommes à bord :

Appareillage quasi immediat

Et traversée en moins de 10 minutes

Puis le débarquement sur l’île d’Olkhon

(Au premier plan, le minibus)

C’est un peu la terre promise 😊

À partir d’ici il faut dire adieu au goudron : route en terre argileuse bien détrempée !

Le relief de l’île semble bien escarpé, en tout cas ça monte et ça descend sans arrêt.

Les rives du lac sont obscurcies par une épaisse couche de nuages :

Puis c’est l’arrivée à Khouzir où les passagers du minibus se font déposer devant leur hôtel.

Quant à moi direction l’église et son prêtre, Sergey, qui a une maison d’hôte « Philoxenia » (je vous ai dit qu’il avait fait deux années d’études à Paris, c’était en philo).

Sergey est là et il me conseille d’installer ma tente au bout de son jardin où il y a déjà 6 ou 7 petites tentes et une grande tente dortoir.

Le campement domine la baie de Khouzir

Ma tente est rapidement montée

Je croise les autres campeurs qui reviennent de la plage avec des planches de paddle ou des… toiles de peinture.

Je retourne « en ville » pour quelques courses.

Repas à la table commune à côté du dortoir

J’apprends qu’ici on ne consomme pas d’alcool (j’avais failli acheter une bouteille de vodka pour faciliter mon intégration dans le campement), donc je range ma canette de bière… Sergey est très religieux (ce qui est normal pour un prêtre) et il ne veut pas d’alcool dans le campement.

La soirée se poursuit autour du feu en faisant connaissance avec ces jeunes qui viennent des 4 coins de la Russie ou de l’Ukraine.

Mais très vite malgré un œil sur mon téléphone pour suivre le match des Bleus contre l’Uruguay, je vais me coucher.

Alors… à demain !

J 055 Irkoutsk – Olkhon

Vendredi 6 Juillet 2018

C’est l’anniversaire de ma petite sœur Lorraine aujourd’hui : bon anniversaire ! 🍾🦄🐕💥🌈

J’espère qu’elle aura plein de cadeaux mais égoïstement je vais, moi aussi, avoir un beau cadeau aujourd’hui en me rendant sur l’Ile d’Olkhon.

Des chamans venus de toute l’Asie ont décidé que cette île était le centre spirituel du chamanisme sur la Terre.

Comme le suggère Jean-Louis c’est le moment de faire bénir mes pneus… ça peut être utile pour la suite.

Je pars en minibus 🚐. Il faut compter, en principe, 4 heures pour le trajet et le départ est prévu à 14H d’Irkoutsk. Mais le minibus passe me chercher vers 10H donc je vais voyager 8H avant d’arriver à Khoujir (Хужир), la ville principale d’Olkhon.

Ensuite camping ou un hébergement chez Sergey Yeremeev, un prêtre sonneur de cloches, qui a fait des études de philo à Paris. Son église sert de mini centre d’hébergement et surtout il connaît l’île et peut me conseiller sur des trajets à emprunter.

Donc en arrivant je cherche un clocher !

Ensuite on verra et demain sera une journée-excursion en vélo jusqu’au Nord ou à l’Est de l’île.

Je vous enverrai des nouvelles d’Olkhon en fonction de mes connexions à Internet.

Commencez bien votre week-end et pour les amateurs de foot, vibrez avec le match France-Uruguay de ce soir (pour moi) ou cet après-midi (pour vous).

À bientôt !

Stéphane

P.S. avant de partir un de mes deux compagnons de chambre est sorti de son mutisme et nous avons fait connaissance. C’est un chinois de Nankin. Il est retraité.

Il est arrivé en Russie par Vladivostok.

Il continue son trajet vers Moscou en train cet après-midi et il va ensuite en Serbie.

Un aventurier chinois qui se nomme Zhang Jinshan.

Xié xié à Google traduction ! Et merci aussi au vélo: c’est lui qui suscite la curiosité et sert de porte d’entrée aux conversations.

J 054 Irkoutsk

Jeudi 5 Juillet 2018

Voici le consulat de Mongolie à Irkoutsk

C’est ici que je fais ma demande de visa pour aller à Oulan-Bator.

Vingt minutes après être entré, j’ai rempli le formulaire (recto, verso) fourni un numéro de réservation dans un hôtel d’Oulan-Bator, payé 70€ et obtenu le fameux visa.

Plus efficace que ce service consulaire c’est difficile. Et en plus avec douceur et patience de la part de la fonctionnaire chargée de cette formalité.

Ça fait chaud au cœur d’autant qu’aujourd’hui le temps a radicalement changé. Température divisée par deux, bruine, les doudounes ont été ressorties illico presto.

Je me réfugie dans une cafétéria de centre commercial pour étudier les possibilités de me rendre dans l’île d’Olkhon. J’ai 5 jours devant moi puisque je dois partir mardi.

Il y a bien un bateau qui fait la liaison, mais c’est le samedi et le mercredi. Je peux partir samedi mais le retour mercredi est impossible.

Le bus ? Pourquoi pas mais peuvent-ils prendre mon vélo ?

Pour le savoir je reprends mon vélo et je vais à la gare routière.

La réponse est rapide : нет 👎

Bon… heureusement j’ai envoyé un message à Olesya qui pendant que je traversais la ville pour aller à la gare routière, à trouvé un transport minibus qui accepte mon vélo et qui vient me prendre à l’hôtel demain matin ! C’est magique… merci Olesya !

Après la gare routière, la gare de chemin de fer pour acheter le tronçon qui me manque (Irkoutsk / Oulan-Oude) pour me rendre à Oulan-Bator.

C’est un peu chaotique mais après trois guichets je réussis à avoir un billet, départ mardi matin à 10H pour arriver à Oulan-Bator jeudi à 6H du matin.

J’ai refait une photo de l’emblème d’Irkoutsk où vous verrez mieux la queue de castor du tigre de Sibérie

Demain Baïkal… enfin !

J 053 Oussolie-Sibirskoïe – Irkoutsk

Mercredi 4 Juillet 2018

Dans quelques heures les Américains vont fêter leur Fête Nationale, mais pour moi c’est aussi un jour spécial : je vais voir le lac Baïkal !

Je me souviens de mes cours de géographie en classe de Terminale où M. Hannaire (Ballot, Bodaert, Maillard… au tableau !) nous faisait dessiner des cartes de Russie en prévision du Baccalauréat et de cette petite virgule au milieu de la Sibérie…

Petite sur une carte de 10.000 kilomètres , mais c’est quand même la plus grande réserve d’eau douce au monde !

Des légendes de shamans, des poissons endémiques, des images de glaces bleutées et transparentes, le livre de Sylvain Tesson… pour moi tout est mythique dans ce lac.

J’ai hâte d’y arriver !

Je me sens en pleine forme, j’ai… envie ! Envie de découvrir, de continuer à rouler, de rencontrer les gens qui vivent ici. De voir l’île d’Olkhon, de manger des oumouls, me baigner dans le lac (là je suis moins sûr… il paraît que la température de l’eau est glaciale).

J’écoute la B.O. du film tiré du livre de Tesson (Ibrahim Malouf, à écouter absolument) : ça me permet de rêver un peu et j’en ai besoin car sur la route c’est un défilé continu de voitures ! Je pensais être le seul à me rendre à Irkoutsk ce matin, mais il doit y avoir une foire ou un marché qui attire toute la population des environs (il paraît que non, ce sont des gens qui vont travailler à Irkoutsk, tout simplement). Je serre les mains sur le guidon et le reste sur la selle en me faisant frôler par cette meute de « machinas ». L’automobile est une belle invention… mais à petite dose !

En traversant Tel’ma une belle église brille au soleil du matin

Le bord de la chaussée est constellé de pièces de dix roubles. Les automobilistes en passant doivent faire une offrande :

Ces offrandes ne sont pas vaines car deux ou trois moujiks sont en train de ramasser les pièces le long de la route et dans le fossé.

Pas de temps à perdre pour moi, le Baïkal m’attend.

A part cette circulation étonnante, la route est plutôt facile.

A chaque petit sommet je m’attends à voir apparaître le lac… Anne me remémore un passage du livre de Zef Jegard qui, avant l’arrivée à Irkoutsk, avait photographié le Baïkal.

Finalement j’arrive à l’entrée d’Irkoutsk

Mais de vue sur le Baïkal, que nenni !

Ou le lac à été déplacé, ou ils ont construits des immeubles qui bouchent la vue, ou le temps est trop brumeux pour voir le lac.

Je n’aurai pas de réponse à cette question.

Pour me consoler je prends un verre de Kvas (Квас en Russe) à une marchande sur le bord de la route

Je remplis une gourde de cette boisson à base d’eau, de levain (ou de morceaux de pain fermenté) et de sucre. Les Russes raffolent de ce breuvage et la marchande peut me dire merci car, mon ravitaillement chez elle fait s’arrêter une série de voitures qui lui achètent des bouteilles…

Maintenant je suis dans la circulation de la périphérie d’Irkoutsk qui ressemble à l’arrivée de n’importe quelle grande ville. Il y a eu du changement depuis Michel Strogoff…

J’ai repéré sur la carte la bifurcation à emprunter avant de traverser l’Angara : mon hôtel est près de la gare d’Irkoutsk Passager, la gare du Transsibérien.

Évidemment c’est l’artère la plus bouchée pour rentrer en ville et je fais un gymkhana entre voitures, camions, bus, tramways, trolleybus et les trottoirs !

Je passe sur un pont qui franchit un bras de l’Angara ou un petit affluent

Encore une montée un peu sévère et j’arrive au Добрый кот (le Chat Gentil) mon hôtel à Irkoutsk.

J’ai réservé un lit dans un dortoir de six pour me faire de nouvelles relations mais, manque de chance je suis avec deux asiatiques qui ne parlent pas anglais et ne semblent pas très bavards.

Douche puis quelques courses dans une supérette et je retourne à l’hôtel pour me préparer un super repas : spaghetti, saucisses, yaourt, pomme !

Je prends mon vélo pour faire un petit tour en ville.

Pendant que je m’achète un sac à dos en prévision de la prochaine excursion en Mongolie, je reçois un message d’Olesya, la guide, amie de Françoise et Jean-Louis.

Nous nous fixons un rendez-vous pour prendre un pot en plein centre :

Olesya, qui parle français comme vous et moi, est une mine d’informations sur Irkoutsk et sa région. J’en apprends sur les Décembristes plus qu’en lisant tous les livres sur ce sujet. Tapez « Décembristes » ou « décabristes » dans Google et lisez l’article Wikipedia pour en savoir plus)

D’autant qu’en ce moment elle accompagne un couple de Français et la femme est une écrivaine-historienne connue (I. F.) qui s’intéresse beaucoup à l’histoire des Décembristes.

En rentrant à l’hôtel je passe devant la Maison Blanche ou Jules Vernes a fait demeurer Michel Strogoff dans son roman/:

Cette maison est à deux pas de la statue du tsar Alexandre III

Et au bout de l’avenue Lénine, Osenya me raconte l’histoire de l’emblème d’Irkoutsk, un tigre de Sibérie qui tient une zibeline dans sa gueule

Quand le blason de la ville a été fait à Moscou il y a eu confusion entre « tigre » et « castor » (il paraît qu’il y a une lettre de différence en russe) et le tigre s’est retrouvé affublé de pattes avant et d’une queue de castor !

Pour terminer, un detail cycliste : j’ai fait, au compteur de mon vélo, 5.438 km depuis Moscou et je n’ai eu à déplorer aucune crevaison ! Je trouve ça tout simplement incroyable. Mes prédécesseurs parlent de plusieurs crevaisons par jour parfois… je vais faire une publicité d’enfer pour les pneus Schwalbe Marathon Plus car ils ont été d’une résistance incroyable ! Avis aux amis cyclistes 👍

J 052 Zabituy (Забитуй) – Oussolie-Sibirskoïe

Mardi 3 Juillet 2018

Encore un réveil plus que matinal car les orages se succèdent et à partir de 3 heures du matin je suis devant la fenêtre à regarder les éclairs et à cogiter sur ce que je vais faire.

Le lever du soleil me trouve deux heures après toujours dans l’expectative la plus complète.

Du côté de l’ouest le ciel est noir de nuages et il tombe une nouvelle averse toutes les 5 minutes.

L’électricité de l’hôtel et du Café est coupée. Pour le petit déjeuner des crêpes de la veille, c’est tout ce qu’il y a.

Je finis par me décider et je m’équipe de ma tenue de pluie.

Au moment de partir un double arc-en-ciel vient me mettre un peu de baume au cœur :

La pluie a l’air de s’arrêter mais la route est bien mouillée : la tenue sert au moins à me protéger des gerbes d’eau projetées par les camions et les voitures

Et également des gerbes de boue car, un kilomètre après le départ, un beau chantier de remise en état de la chaussée m’oblige à m’exercer au cyclo-cross

Malgré tout le temps se lève un petit peu et je range ma tenue de pluie dans les sacoches.

En milieu de matinée je croise 3 cyclistes qui viennent d’Irkoutsk

Celui qui porte des lunettes de soleil a un vélo de randonneur avec sacoches et il se rend à Krasnoïarsk (1.062 km quand même…).

Ses deux amis lui font un brin de conduite… depuis 120 km déjà, donc ils vont faire leurs 250 km dans la journée ces jeunes cyclistes !

Fin de matinée : je passe sur la Belaya

rivière qui coule juste au sud de Malta. C’est une ville qui a une seule enseigne d’hypermarché : Mammouth

Pour être tout à fait honnête, je n’ai vu aucun client sortir du Mammouth avec un caddie.

Ensuite c’est immédiatement tout de suite l’arrivée à l’hôtel de ce soir…

Il est 13h et quelques ; c’était une petite journée mais l’autre option était de continuer d’une traite jusqu’à Irkoutsk.

Le vélo a besoin d’un bon nettoyage après la séance « boue et gadoue », je vais mettre à profit cet après-midi pour le remettre à neuf.

Demain derniers coups de pédales de mon trajet Moscou-Vladivostok pour l’année 2018. Je vais profiter de quelques jours autour du Baïkal : excursions en vélo, visites, formalités du visa Mongole, coiffeur… donc je continuerai à alimenter le blog, ne partez pas !

En attendant une question pour les spécialistes du vélo : approximativement combien de tours de pédales pour ce parcours de 5.400 km ? Indications du problème : la circonférence des roues fait 2178 mm et j’utilise couramment un plateau de 32 dents et un pignon arrière de 20 dents (c’est pour vous faciliter le calcul mais ça donnera quand même un ordre de grandeur réaliste).

Bonne fin de journée et à demain !